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FOOD TODAY 07/2009

Informations nutritionnelles sur les produits alimentaires – Sont-elles lues et comprises ?

Food TodayL’étiquetage nutritionnel se généralise en Europe. Reste à savoir si les consommateurs remarquent et comprennent les informations nutritionnelles qui figurent sur les emballages et surtout, s’ils en tiennent compte pour choisir des aliments plus sains et équilibrés.
L’étiquetage nutritionnel en Europe
 
L’étiquetage nutritionnel permet de renseigner les consommateurs sur la valeur nutritionnelle des produits alimentaires et devrait idéalement les aider à identifier et à acheter des aliments les plus équilibrés. En Europe, l’étiquetage nutritionnel n’est pas obligatoire, sauf en présence des allégations nutritionelles ou de santé. Néanmoins, un projet de recherche récent financé par l’Union européenne intitulé FLABEL (Food Labelling to Advance Better Education for Life) a montré qu’en moyenne, 85% des produits alimentaires présentent des informations nutritionnelles sur la face arrière des emballages et près de 48% sur la face avant.1
 
Il existe plusieurs systèmes d’étiquetage car les autorités publiques, les entreprises agro-alimentaires et les associations de consommateurs et de protection de la santé cherchent à mettre au point un système plus convivial pour les consommateurs. Les systèmes d’étiquetage les plus courants en Europe sont les suivants :
  • Tableau nutritionnel : ce système indique habituellement les proportions de protéines, glucides et lipides ainsi que la valeur calorique pour 100 g/ml d’un produit donné ou encore par portion ou unité (« big 4 »). Dans sa version détaillée (« big 8 »), ce tableau mentionne également les teneurs en sucres, en acides gras saturés, en fibres alimentaires et en sodium.
  • Les Répères Nutritionnels Journaliers (RNJ) indiquent les quantités de calories (énergie) et de certains nutriments qu'un adulte en bonne santé devrait consommer par jour. Le système RNJ présente les informations nutritionnelles relatives à une portion du produit (une barre ou une tranche, par exemple) et indique généralement les quantités de calories et de 4 nutriments (matières grasses, matières grasses saturées, sucre et sodium (ou sel)) contenues dans cette portion. 
  • Systèmes utilisant un code visuel (par exemple des feux tricolores) faisant appel à des couleurs (par exemple, rouge, orange et vert pour le Royaume-Uni ; orange, jaune et vert pour le système nutri-pass en France) pour indiquer si la teneur en nutriments et parfois aussi la valeur énergétique d’un produit alimentaire est élevée, moyenne ou faible (par portion de 100 g/ml). Dans certaines circonstances, ces systèmes adaptent le code de couleur aux portions (par exemple, feux de signalisation tricolores au R.-U.). En plus du code visuel coloré, les étiquettes précisent généralement la quantité de nutriments (lipides, lipides saturés, glucides et sel) et la valeur calorique.
  • Système associant les RNJ et un code visuel à feux tricolores ou un code de couleurs similaire : ce système indique, pour l’énergie et certains nutriments, le pourcentage des RNJ contenus dans une portion d’aliment ou dans une dose de boisson. Les RNJ utilisant un code de couleur indiquent également si l’aliment présente une quantité faible, moyenne ou élevée de ces nutriments pour 100 g/ml (ou par portion, si celle-ci est supérieure à 100 g/ml), et précisent ou non la valeur énergétique correspondante.
  • Logos de santé : les logos, comme ceux en forme de serrure utilisés en Suède, sont utilisés sur les produits alimentaires répondant à certains critères en matière de nutriments dans une catégorie donnée (qui varie d’un logo à l’autre) et aident les consommateurs à identifier et acheter les aliments les plus équilibrés.
 
Bonne connaissance de la nutrition
 
De nombreuses études ont tenté de faire la lumière sur les réactions des consommateurs face aux étiquetages nutritionnels, mais les informations sur leur comportement réel en magasin restent rares.2 Pour y remédier, EUFIC (avec le concours du professeur Klaus Grunert de l’Université d’Aarhus au Danemark) a réalisé une étude de terrain dans des supermarchés. Cette étude prévoyait des observations du comportement des consommateurs, des entretiens dans les magasins et des questionnaires à domicile.3 Les observations conduites dans les magasins concernaient six catégories de produits (plats préparés, boissons rafraîchissantes, yaourts, confiserie, collations salées, céréales pour le petit-déjeuner). Plus de 11 600 personnes ont été interrogées dans les magasins de six pays européens (Allemagne, France, Hongrie, Royaume-Uni, Suède et Pologne) et plus de 5 700 ont répondu au questionnaire qui leur avait été adressé à domicile. Tous les systèmes d’étiquetage mentionnés ci-dessus ont été abordés dans le cadre de l’étude.
 
L’un des résultats de cette étude montre que le niveau de connaissance nutritionnelle des consommateurs est relativement bon. Plus de 95% des personnes interrogées savent en effet que les experts en santé recommandent de manger beaucoup de fruits et de légumes, mais la majorité d’entre elles ignorent que cette recommandation s’applique aussi aux féculents (pain, riz, pâtes et pommes de terre). De nombreux consommateurs ont également tendance à exagérer l’importance de la teneur en lipides, en sucre et en sel de certains aliments et pensent qu’ils doivent être proscrits de leur alimentation plutôt que consommés avec modération. Cette réaction est particulièrement prononcée au Royaume-Uni.
 
Calories
Les consommateurs européens maîtrisent assez bien la notion de calories. La plupart des personnes interrogées connaissent la valeur calorique approximative des aliments et savent que les hommes et les femmes ont des besoins caloriques différents. Dans les six pays, les femmes ont donné légèrement plus de réponses correctes que les hommes à la question de savoir quel était le nombre de calories nécessaires chaque jour à un adulte actif. Cependant, les consommateurs ont tendance à sous-estimer les besoins et les dépenses caloriques d’un adulte moyen, tout en surestimant les besoins des enfants. Cette idée fausse (qui varie de 32% des personnes interrogées en Suède à 58% en Pologne) pourrait amener les consommateurs à donner plus de calories à leurs enfants que nécessaire.
 
Nutriments
Les consommateurs semblent mieux connaître certains nutriments que d’autres. Alors que la majorité des personnes interrogées savent qu’elles doivent réduire leurs apports en graisses saturées, en acides gras « trans » et d’une manière générale en graisses totales et manger plus d’aliments riches en acides gras oméga-3, elles ignorent qu’il est aussi recommandé d’augmenter les apports en acides gras polyinsaturés. 
 
Indice de connaissance en nutrition
Un indice a été élaboré pour évaluer le niveau général des connaissances nutritionnelles des participants des six pays où l’étude a été menée. Cet indice tient compte des recommandations d’experts sur les groupes d’aliments et les apports nutritionnels, ainsi que de la teneur en nutriments et en calories de certaines denrées alimentaires. Selon cet indice, ce sont les consommateurs britanniques qui ont le niveau de connaissances le plus élevé et les consommateurs français et polonais le plus faible.
 
Connaissance et compréhension de l’étiquetage
 
Les consommateurs européens consacrent en moyenne 35 secondes à choisir un produit. Un grand nombre de personnes interrogées connaissent l’existence des différents systèmes d’étiquetage nutritionnel. La connaissance du système des repères nutritionnels journaliers varie entre 40% pour la Suède et jusqu’à 90% pour le Royaume-Uni ; elle s’établit à près de 60% dans les quatre autres pays.   L’étude des étiquetages propres aux différents pays révèle qu’une très large majorité de Suédois connaissent le logo « Keyhole » (en forme de serrure) en vigueur dans leur pays (95%) et le comprennent (71%). La connaissance des systèmes faisant appel à des codes de couleur est élevée au Royaume-Uni (81% pour les feux de signalisation) et faible en France (23% pour le système nutri-pass). Les codes de couleur sont souvent mal interprétés par les consommateurs. La plupart d’entre eux ont tendance à exagérer l’importance à donner à la couleur indiquant la teneur la plus élevée en nutriments (rouge au R.-U., orange en France), pensant à tort qu’elle indique qu’il faut éviter de consommer le produit en question, alors qu’en réalité il est possible de le consommer occasionnellement avec modération. De plus, moins de 15% des consommateurs britanniques considèrent que les repères interprétatifs (codes de couleur ou termes comme « bas », « moyen » et « élevé ») sont les plus utiles pour identifier les aliments équilibrés, les informations sur la quantité absolue de chaque nutriment et les RNJ arrivant en tête.
 
Lorsque les participants ont été invités à faire un choix réaliste entre trois plats préparés et préconditionnés, présentés avec leurs informations nutritionnelles, plus de 70% des personnes interrogées en France, en Allemagne et au Royaume-Uni sont parvenues à identifier le produit le plus sain, contre environ 50% en Hongrie, en Pologne et en Suède, quel que soit le système d’étiquetage. Par ailleurs, plus de 65% des répondants européens savent interpréter correctement les RNJ pour identifier le choix le plus équilibré entre deux produits (de 66% en Pologne à 88% au R.-U.). Toutefois, moins de la moitié des sondés savent que les RNJ correspondent à une portion plutôt qu’à 100 g/ml d’un produit donné, à l’exception des consommateurs français.
 
La sensibilisation des consommateurs aux informations nutritionnelles, la compréhension qu’ils en ont, de même que leur faculté à les interpréter, sont fonction de leurs connaissances nutritionnelles, de leur âge, de leur situation socio-économique et de leur intérêt pour une alimentation équilibrée. Leur sexe ou leur indice de masse corporelle (IMC) n’a aucune influence. L’amélioration des connaissances nutritionnelles des consommateurs pourrait par conséquent les aider à interpréter correctement les étiquetages.
 
Rôle de l’étiquetage nutritionnel dans les choix des consommateurs
 
La plupart des personnes interrogées peuvent interpréter les informations nutritionnelles si on les y invite, mais rares sont celles qui les recherchent spontanément lorsqu’elles font leurs achats. Globalement, plus de 60% des répondants examinent la face avant des emballages alimentaires (à l’exception de la France où seulement 31% des consommateurs le font), et moins de 15% recherchent des informations ailleurs sur l’emballage.  Pourtant, moins d’un tiers des consommateurs affirme avoir recherché des informations nutritionnelles sur les emballages (de 9% en France à 27% au R.-U.).
 
La plupart des consommateurs des six pays considérés qui indiquent s’intéresser aux informations nutritionnelles déclarent rechercher des données sur les calories, les graisses ou le sucre. Seuls les consommateurs britanniques s’intéressent à la teneur en sel et en graisses saturées. Les additifs alimentaires sont aussi fréquemment mentionnés en Hongrie, en France et Pologne, de même que les fibres en Suède, les protéines en Hongrie et les vitamines en Pologne.  Les sources d’informations nutritionnelles les plus souvent citées sont le tableau nutritionnel, les RNJ et la liste des ingrédients. Les consommateurs consacrent plus de temps au choix des plats préparés, par rapport aux cinq autres catégories de produits considérés dans le cadre de l’étude. Le goût est le facteur décisif dans le choix d’un produit donné, avant la nutrition ou la santé. Cependant, les consommateurs sont
plus enclins à regarder les informations nutritionnelles figurant sur les yaourts et les céréales pour le petit-déjeuner qui bénéficient
déjà d’une bonne image en termes de santé.
 
Pour plus d’informations
 
Références
  1. FLABEL Webinar “Current penetration of nutrition information on food labels in the EU 27 & Turkey.”
  2. Grunert KG and Wills J (2007). A review of European research on consumer response to nutrition information on food labels. Journal of Public Health 15:385-399
  3. EUFIC Webinar “Pan-European consumer research on in-store observation, understanding & use of nutrition information on food labels, combined with assessing nutrition knowledge.”
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Le Conseil Européen de l'Information sur l'Alimentation (EUFIC) est une organisation à but non lucratif qui fournit aux médias, aux professionnels de la santé et de la nutrition et aux enseignants des informations sur la sécurité sanitaire & la qualité des aliments ainsi que sur la santé & la nutrition s'appuyant sur des recherches scientifiques en veillant à ce que ces informations puissent être comprises par les consommateurs.

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Date de la dernière mise à jour du site : 24/08/2016
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