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FOOD TODAY 02/2014

Le fructose et la santé du métabolisme

Le fructose a récemment fait l’objet de nombreuses recherches concernant son impact sur les indicateurs métaboliques de la santé. Nous nous sommes penchés sur les modalités de métabolisation du fructose et sur les données actuelles relatives_à ses effets sur la santé. 

Qu’est-ce que le fructose et d’où vient-il ?
Le fructose est la principale forme de sucre naturellement présente dans le miel et les fruits (à titre d'exemple: dans les dates, les raisins secs, les figues, les pommes et les jus de fruits) et également en quantités moindres dans certains légumes (dans les carottes, par exemple). Le fructose est également associé au glucose dans le sucre de table (saccharose), qui est composé pour moitié (50%) de fructose et pour moitié (50%) de glucose. Le sucre de table fait l’objet d’une utilisation domestique «à table» et pour la préparation et la cuisson de certains mets. Il est aussi utilisé comme édulcorant dans la fabrication d’aliments et de boissons non-alcoolisées. On trouve également le fructose dans les sirops de glucose-fructose, qui sont produits à partir de maïs et de blé et sont utilisés comme édulcorants dans divers aliments tels que les confitures, les conserves et les confiseries. La teneur en fructose peut être comprise entre 5% et 50%. Si le fructose représente plus de 50% d’un sirop, il figurera sur la liste des ingrédients sous le nom de « sirop de glucose-fructose ». Le fructose fournit la même énergie calorique par gramme que n’importe quel autre sucre ou glucide digestible, soit 4 kcal/g.

Métabolisation du fructose
Le fructose ingéré est métabolisé dans le foie afin de produire principalement du glucose (~50%) et de petites quantités de glycogène >17%) et de lactate (~25%), ainsi qu’un reliquat d’acides gras ; ces derniers sont produits par un processus dénommé « lipogenèse de novo »1. Le glucose est acheminé vers l’ensemble des tissus via la circulation sanguine, puis les cellules transforment ce glucose en énergie. Le lactate et les acides gras constituent également des sources d’énergie.

Par rapport au glucose, le fructose occasionne une réponse glycémique plus réduite car il possède un indice glycémique (IG) très faible. Par conséquent, la consommation d’aliments dans lesquels le fructose remplace le glucose, le saccharose ou l' amidon entraîne une faible augmentation de la glycémie par rapport à des aliments contenant uniquement du glucose et du saccharose. Une réponse glycémique réduite peut être bénéfique pour les personnes ayant une mauvaise tolérance au glucose (taux de glucose élevé)2. Les variations de glycémie sont également influencées par la nature chimique et physique des aliments et boissons consommés, ainsi que par des facteurs propres à chacun.

Certaines études démontrent cependant qu’une consommation élevée de fructose peut entraîner des perturbations du métabolisme. Une grande partie de ces études sont réalisées sur des animaux ou consistent en des essais de suralimentation à court terme menés sur des sujets humains, avec des taux de fructose très supérieurs aux taux de consommation habituels (100-150 g de fructose pur par jour, par exemple). Cette approche appelée "hyper-dosage" fournit de l’énergie au-delà des besoins normaux. Par exemple, une étude récente a révélé qu’une suralimentation sur 7 jours avec des taux élevés de fructose, de glucose ou encore de graisses saturées augmentait dans tous les cas les quantités de graisses dans le foie dans des proportions identiques, et qu’une suralimentation tant en fructose qu’en glucose réduisait la sensibilité du foie à l’insuline (en rendant le foie moins sensible à cette dernière)3. De nombreux essais de suralimentation à court terme ont également mis en évidence l'implication du fructose sur l'augmentation des triglycérides (graisses sanguines) dans les limites des taux normaux chez les sujets sains4,5. Lorsque le fructose remplace d’autres glucides (contenant des taux similaires d’énergie), il ne semble pas provoquer une prise de poids plus importante que ne le feraient les autres glucides, ni exercer une influence défavorable sur la pression artérielle, ni augmenter les taux de triglycérides sanguins6-8. Il est donc possible que ces effets ne soient pas propres au fructose et qu’ils soient dus en réalité à un apport énergétique excessif9. Une augmentation des apports alimentaires à partir de n’importe quelle source d’énergie au-delà des besoins énergétiques entraine une prise de poids si elle n’est pas contrebalancée par un surcroît d’activité physique. L’obésité, et notamment l'excès de graisse abdominale, sont clairement associés aux troubles du métabolisme. Il est intéressant de noter que les effets d’une consommation très élevée de fructose sur les taux de graisse dans le sang n’ont pas été observés dans une étude menée sur des jeunes hommes en bonne santé pratiquant le vélo deux fois 30 minutes par jour, ce qui souligne bien les avantages liés à l'activité physique10.

Les études menées sur le fructose utilisent généralement du fructose pur plutôt qu’une combinaison de fructose et de glucose, telle qu’elle serait consommée avec un aliment ou une boisson. De nouvelles recherches sont de toute évidence nécessaires afin de déterminer les conséquences d’une consommation élevée de fructose alimentaire à long terme chez l’Homme , ainsi que les différences d’un individu à l’autre et d’une catégorie de population à l'autre, notamment chez les personnes en surpoids et chez les personnes obèses4.

Fructose et athlètes
Les boissons énergétiques sont destinées à entretenir les performances athlétiques en remplaçant les fluides, les sels et les glucides perdus pendant une activité physique de forte intensité ou de longue durée. Des concentrations élevées de fructose sont absorbées lentement, ce qui entraîne une réduction du volume de plasma et une fréquence plus élevée des désordres gastro-intestinaux. Toutefois, le fructose consommé en petites quantités en association avec du saccharose et/ou du glucose ne retarde pas l’absorption des fluides11. Les solutions contenant à la fois du glucose et du fructose semblent faciliter davantage l’absorption de sodium et des fluides que ne le font les solutions contenant uniquement du glucose ou du fructose11,12. L’association du glucose et du fructose améliore également l’assimilation du fructose par l’organisme12. Il a été démontré que lorsque des athlètes consomment une combinaison de fructose et de glucose, l’énergie est libérée à des taux relativement élevés, et des effets bénéfiques sur leurs performances ont ainsi pu être observés parallèlement à une réduction de leur fatigue13. Les athlètes présentent souvent une consommation de fructose plus élevée que la normale, mais ont tendance à subir moins de désordres du métabolisme et de troubles cardiovasculaires que les individus sédentaires4.

Conseils pour la santé du métabolisme
Il existe actuellement peu de données démontrant que le fructose provoque des désordres du métabolisme lorsqu’il est consommé dans des quantités conformes à la moyenne actuelle des usages alimentaires en Europe4. Il est nécessaire de mieux appréhender les facteurs, tels que la génétique, susceptibles de réguler les effets d’une consommation élevée de fructose sur la santé. Afin de protéger la santé du métabolisme, le meilleur conseil est encore d’éviter les apports énergétiques excessifs, de pratiquer une activité physique régulière, de conserver une masse corporelle appropriée et d'avoir une alimentation saine et variée. Par ailleurs, n’hésitez pas à demander à votre médecin ou professionnel de la santé des conseils précis adaptés à votre état de santé personnel.  

Références:

  1. Tappy L & Le KA (2010). Metabolic effects of fructose and the worldwide increase in obesity. Physiol Rev 90:23-46.
  2. Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) (2011). Scientific opinion on the substantiation of health claims related to fructose and reduction of post-prandial glycaemic responses. EFSA Journal 9(6):2223.
  3. Lecoultre V, Egli L, Carrel G, et al. (2013). Effects of fructose and glucose overfeeding on hepatic insulin sensitivity and intrahepatic lipids in healthy humans. Obesity 21(4):782-785.
  4. Tappy L (2012). Q&A ‘Toxic’ effects of sugar: should we be afraid of fructose. BMC Biology. 10:4.
  5. Silbernagel G, Machann J, Unmuth S, et al. (2011). Effects of 4-week very-high-fructose/glucose diets on insulin sensitivity, visceral fat and intrahepatic lipids: an exploratory trial. British Journal of Nutrition 106(1):79-86.
  6. Sievenpiper JL, de Souza RJ, Mirrahimi A, et al. (2012). Effect of fructose on body weight in controlled feeding trials: a systematic review and meta-analysis. Annals of Internal Medicine 156(4):291-304.
  7. Ha V, Sievenpiper JL, de Souza RJ, et al. (2012). Effect of fructose on blood pressure: a systematic review and meta-analysis of controlled feeding trials. Hypertension 59:787-795.
  8. Wang DD, Sievenpiper JL, de Souza RJ et al. (2014). Effect of fructose on postprandial triglycerides: A systematic review and meta-analysis of controlled feeding trials. Atherosclerosis 232(1):125-133.
  9. Johnston RD, Stephenson MC, Crossland H, et al. (2013). No difference between high-fructose and high-glucose diets on liver triacylglycerol. Gastroenterology 145(5):1016-1025.e2. Doi: 10.1053/j.gastro.2013.07.012.
  10. Egli L, lecoultre V, Thevtaz F, et al. (2013). Exercise prevents fructose-induced hypertriglyceridemia in healthy young subjects. Diabetes 62(7):2259-2265.
  11. Currell K & Jeukendrup AE (2008). Superior endurance performance with ingestion of multiple transportable carbohydrates. Medicine & Science in Sports & Exercise 40(2):275-281.
  12. Johnson RJ & Murray R (2010). Fructose, exercise and health. Current Sports Medicine Reports 9(4):253-258.
  13. Jeukendrup AE (2013). Multiple transportable carbohydrates and their benefits. Sports Science Exchange 26(108):1-5.
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Date de la dernière mise à jour du site : 23/05/2016
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