Une bonne communication en matière de nutrition et de sécurité alimentaire passe par des informations scientifiques, présentées dans leur contexte et en évitant les termes alarmants. En ce qui concerne l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), cette déontologie n'a pas toujours été suivie. Cet article traite des réalités sur l'ESB et identifie les questions auxquelles les scientifiques n'ont pas encore trouvé de réponse.
Qu'est-ce que l'ESB ?
L'encéphalopathie bovine spongiforme (ESB), plus connue sous le nom de "maladie de la vache folle", est une maladie mortelle du cerveau qui affecte le bétail. L'ESB est une forme d'un groupe de maladies connues sous le nom d'encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST). Les EST sont des maladies mortelles qui provoquent une dégénérescence du cerveau ainsi que des symptômes neurologiques graves. On ne connaît pas encore l'origine de l'ESB. Certains pensent que des "prions déformés transmissibles" seraient capables de s'immiscer avec les prions normaux (des protéines que l'on trouve à l'état naturel, essentiellement dans le cerveau, mais aussi dans d'autres tissus humains ou animaux), entraînant leur transformation en "prions transmissibles". On soupçonne d'autres facteurs favorisant le développement de l'ESB ; la recherche se poursuit activement dans ce domaine.
Les voies de transmission restent à déterminer
Les voies de transmissions de l'ESB ne sont toujours pas déterminées. Pour le moment, on pense que le bétail a pu être contaminé par les farines de viande et d'os ou des produits d'équarrissage issus de carcasses déjà infectées par l'ESB. D'autres voies et sources de transmission ne sont pour le moment pas écartées. Depuis le plus grave de la crise en 1992, l'incidence de l'ESB a nettement diminué année après année au Royaume-Uni. En 1999, on comptabilisait 2300 cas, ce chiffre est tombé à 1443 cas en 2000 et à 526 en septembre 2001. On a rapporté un nombre de cas nettement inférieurs pour cette maladie en Autriche, en Belgique, en République Tchèque, au Danemark, en Finlande, en France, en Allemagne, en Grèce, en Irlande, en Italie, au Japon, au Liechtenstein, au Luxembourg, aux Pays-Bas, au Portugal et en Slovaquie. Pour la Slovénie, l'Espagne et la Suisse (voir www.oie.int ou les sites gouvernementaux pour prendre connaissance des chiffres actualisés). A ce jour, l'ESB n'a été détectée que sur les bovins. En théorie, les ovins pourraient être infectés, mais jusqu'à présent aucun cas d'ESB chez le mouton n'a été observé scientifiquement, sauf dans des conditions expérimentales extrêmes.
L'ESB peut-elle affecter l'homme ?
Même s'il n'y a aucun lien direct de cause à effet scientifiquement prouvé, certains pensent , sur base sur de conclusions en matière neurologique et cytologique (tissus), que l'ESB du bétail et une certaine forme de la maladie de Creutzfeldt-Jakobs (v-MCJ) pourraient avoir un lien. Le premier cas de v-MCJ a été signalé en mars 1996 au Royaume-Uni. La v-MCJ, tout comme l'ESB, donne une consistance d'éponge au cerveau, entraînant sa dégénérescence. La maladie est incurable et mortelle. En date du 6 février 2002, on a recensé 114 cas de v-MCJ au Royaume-Uni (106 confirmés et 8 suspectés). Il y a 5 cas confirmés de cMCJ en France et un en Irlande. Il y a deux cas supplémentaires suspectés en France et un en Italie.
L'agent pathogène de l'ESB ne se retrouve pas dans le bœuf ni dans le lait de vache
Les "matières à risque spécifiées" (MRS), se réfèrent aux parties de l'animal qui présentent le plus de risque d'être infectées par l'agent de l'ESB ; notamment le système nerveux central - y compris le cerveau - les yeux et une partie du gros intestin. Les matières à risque spécifiées sont dorénavant exclues de la chaîne alimentaire humaine et animale. L'agent de l'ESB n'a pas été détecté dans le muscle, c'est à dire la viande, ni dans le lait ; les experts de l'OMS et de l'UE ont confirmé que le lait de vache et la viande de bœuf offraient toutes les garanties de sécurité. Bien qu'il ne soit pas possible de prédire avec précision l'incidence future de la v-MCJ chez l'homme, du fait de la longue période d'incubation avant l'apparition des symptômes, le risque de contracter la v-MCJ semble très faible. Les règles strictes en ce qui concerne la nourriture des animaux, les tests, l'abattage, l'âge de l'abattage du bétail pour la consommation humaine et la soustraction des organes susceptibles d'être infectés par l'ESB (matières à risque spécifiées) ont réduit les risques. Il reste néanmoins des interrogations sur l'origine de l'ESB ainsi que sur son mode de transmission ; c'est la raison pour laquelle cette maladie continuera à faire l'objet de recherches intenses. Pour des informations supplémentaires sur l'ESB, essayez www.bsereview.org.uk
Références
- BSE and Beef. Food Standards Agency and the Consumers Association. June 2001
- Brown, P. Bovine Spongiform encephalopathy and variant Creutzfeldt-Jakob disease. BMJ 2001; 322:841-844 (7 April)
- Brown P, Will RG, Bradley R, Asher DM, Detwiler L. Bovine Spongiform encephalopathy and variant Creutzfeldt-Jakob disease: background, evolution and current concerns. Emerg Infect Dis 2001;7:6-16.
- EU Commission. BSE "Vadermecum", 3rd Ed. (1998)
- Institute of Food Science and Technology, UK. Bovine Spongiform Encephalopathy (BSE) and Variant Creutzfeldt-Jakob Disease (vCJD) in humans., Parts 1 and 2. 2001. www.ifst.org
FOOD TODAY 09/2002