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REVUE EUFIC 10/2013

Alimentation et agriculture biologiques: faits scientifiques et perceptions des consommateurs

1. Introduction

 L'agriculture biologique au sein de l'UE fait référence à un système d'agriculture et de production de denrées alimentaires qui associe la conformité à des normes respectueuses de l'environnement et favorables au bien-être des animaux. Elle bénéficie du cadre législatif de l'Union européenne à travers les règlements (CE) 834/2007(1) et 889/2008/CE.(2) Le système de production biologique tend à réduire à un minimum les perturbations de l'équilibre naturel, tout en s'assurant de la production d'une alimentation de haute qualité. Pour s'assurer que les agriculteurs et les transformateurs de produits issus de l'agriculture biologique produisent et transforment des denrées alimentaires conformément à la législation en vigueur, des autorités et des organismes de contrôle spécifiques sont chargés de leur certification et de leur inspection (cf. liste des autorités et organismes de contrôle de l'UE). La production conforme aux normes en vigueur doit porter le logo de l'agriculture biologique de l'UE.

Figure 1: logo de l'agriculture biologique de l'UE

L'agriculture biologique est devenue l'un des secteurs agricoles à la croissance la plus rapide.(3) Au cours de la période 2005-2011, la superficie totale de terres utilisées pour l'agriculture biologique (la superficie entièrement couverte et la superficie en conversion) est passée, au sein des 27 États membres de l'Union européenne, de 3,6 % à 5,5 % de la superficie agricole totale utilisée (SAU) (données fournies par Eurostat). Au cours de la décennie 2000-2010, le marché mondial de denrées issues de l'agriculture biologique a été multiplié par plus de trois (estimé à 14 milliards EUR en 2000, il s'élevait à 45 milliards EUR en 2010). La demande croissante des consommateurs pour les produits issus de l'agriculture biologique provient principalement d'une volonté d'adopter une alimentation plus saine et plus respectueuse de l'environnement. Cette volonté s'est renforcée du fait des derniers scandales et des crises alimentaires.(4-7) La présence des partisans de l'agriculture biologique dans les médias a également joué un rôle significatif.(8) Toutefois, depuis l'éclatement de la crise économique en 2008, cette croissance a diminué.(9) Cela peut s'expliquer par l'augmentation des prix des produits issus de cette forme d'agriculture, qui seraient devenus moins accessibles au budget de certains consommateurs.

À l'échelle mondiale, l'intérêt pour l'alimentation biologique a augmenté parallèlement aux préoccupations grandissantes des consommateurs quant aux pratiques agricoles classiques, à la sécurité alimentaire, à la santé humaine, au bien-être des animaux et à l'environnement.(7) Le label «biologique» inspire aux consommateurs une série d'images positives, notamment en termes de santé humaine, d'environnement et de bien-être des animaux.(10) Parmi les autres aspects positifs communément attribués à l'agriculture biologique, citons également une meilleure saveur, le caractère naturel et local de la production, la pureté (entièrement ou pratiquement sans additifs) et la propreté (absence de pesticides et d'autres polluants) des produits.(11, 12) 

La présente revue traite de la perception des consommateurs à l'égard de l'alimentation biologique en examinant leurs bases scientifiques.


2. Valeur nutritionnelle

Les consommateurs perçoivent l'alimentation issue de l'agriculture biologique comme étant plus riche en nutriments, vitamines et minéraux y compris, comparativement à l'alimentation produite à travers l'agriculture classique.(13)

Dangour et al. ont mené une revue systématique des études publiées entre 1958 et 2008 sur la valeur nutritionnelle de l'alimentation biologique. Ils en ont conclu que la qualité nutritionnelle de l'alimentation biologique d'une part et de l'alimentation produite de façon classique d'autre part, était comparable.(14) Pour 10 nutriments et composants pertinents d'un point de vue nutritionnel (dont la vitamine C, le magnésium et les composés phénoliques), aucune différence significative n'a été observée entre l'alimentation biologique et les produits de l'agriculture conventionnelle. Trois exceptions ont néanmoins été observées: l'azote (teneur plus élevée dans les produits de l'agriculture conventionnelle), le phosphore et les acides titrables (tous les deux plus élevés dans l'alimentation de l'agriculture biologique). L'azote est un constituant des acides aminés, et donc des protéines, alors que le phosphore est nécessaire au développement des os, à la croissance, à l'entretien et à la régénération des tissus et des cellules. Les acides titrables font référence à la maturité de l'alimentation végétale. À cet égard, un taux d'acides titrables plus élevé indique une maturité plus faible. La maturité peut avoir une influence sur la valeur nutritionnelle, particulièrement sur le rapport amidon-sucre, qui diminue de façon inversement proportionnelle au mûrissement. Les effets du mûrissement sur l'alimentation végétale sont moins évidents au niveau des micronutriments. Les études ont à la fois démontré des corrélations négatives et positives entre la phase de mûrissement et le niveau d'antioxydants, en fonction du type d'antioxydants observé.(15, 16) 

Les résultats de l'étude menée par Dangour et al.(14) concordent dans une large mesure avec ceux d'autres études.(17-24) Toutefois, certaines études ont indiqué que les différences de teneur en nutriments entre l'alimentation biologique et l'alimentation issue de l'agriculture classique est marquée par d'importantes variations et dépendent à la fois du type de nutriments et d'aliments à l'étude.(17, 19) Plus récemment, une revue systématique de Smith-Spangler et al.(25) a conduit à des conclusions analogues, à l'exception du phosphore, pour lequel les différences de valeur nutritionnelle entre l'alimentation biologique et l'alimentation issue de l'agriculture classique n'étaient pas aussi marquées. Ajoutons toutefois que les niveaux de phosphore nettement plus élevés observés dans l'alimentation biologique ne se sont pas avérés significatifs sur le plan biologique.

Des facteurs autres que les méthodes de production influencent également de façon notable la composition nutritionnelle de l'alimentation. Le génotype (la variété ou le cultivar) est généralement considéré comme étant un facteur pré-récolte important dans le rendement et la qualité nutritionnelle de l'alimentation végétale, notamment en termes de minéraux, de vitamines et de métabolites végétaux secondaires. La composition nutritionnelle de certaines cultures peut également varier en fonction des conditions environnementales (air, eau, sol, climat), le régime de pesticides et d'engrais utilisés, la présence d'organismes nuisibles et de maladies, le moment et la méthode de récolte et les pratiques post-récolte (dont le stockage, le transport et la préparation).(14, 26-28) De façon similaire, la composition nutritionnelle des produits d'origine animale peut être affectée par des facteurs tels que l'âge et la race de l'animal, de même que son régime alimentaire et la saison.(14)

En somme, on peut en conclure qu'à ce jour, il n'existe aucune preuve scientifique fiable confirmant l'existence de différences significatives sur le plan nutritionnel entre l'alimentation biologique et l'alimentation issue de l'agriculture classique.

3. Sécurité alimentaire

Les consommateurs perçoivent l'alimentation biologique comme étant plus sûre que l'alimentation issue de l'agriculture classique (l'alimentation biologique contiendrait moins de contaminants chimiques synthétiques).(13) En outre, il ressort d'une étude menée auprès de consommateurs belges ayant pour objet d'évaluer leur perception de la valeur nutritionnelle et toxicologique de légumes biologiques qu'ils accordaient, en termes de bénéfices pour la santé humaine, une plus grande importance à «une quantité inférieure de contaminants» plutôt qu'à «une quantité supérieure de nutriments».(13)

Au sein de l'UE, l'alimentation biologique et classique sont toutes deux soumises à des normes de sécurité alimentaire rigoureuses. Le règlement de la Commission (CE) 178/2002(29) stipule que la responsabilité primaire de la conformité aux lois relatives à l'alimentation incombe aux exploitants du secteur alimentaire, et que l'alimentation ne peut pas être commercialisée si elle jugée dangereuse. L'article 14 du règlement définit la dangerosité d'une denrée alimentaire à son caractère préjudiciable pour la santé humaine ou impropre à la consommation humaine. D'autres législations de l'UE établissent des exigences spécifiques à l'égard des contaminants tels que les métaux lourds, les micro-organismes, les mycotoxines, les OGM, etc.

En termes de sécurité alimentaire, trois domaines sont abordés ci-après: i) les pesticides, les nitrates et les métaux lourds, ii) les micro-organismes et les mycotoxines et iii) les aliments ou les ingrédients à base d'organismes génétiquement modifiés (OGM).

3.1 Pesticides, nitrates et métaux lourds

En général, les consommateurs pensent que l'agriculture biologique n'utilise pas ou pratiquement pas de pesticides.(7, 30) Aucune information n'est actuellement disponible quant à la perception des consommateurs à l'égard de l'utilisation des nitrates. Toutefois, en raison de l'interdiction de pesticides et d'engrais synthétiques (contenant de l'azote) dans l'agriculture biologique, on peut logiquement partir du principe que les consommateurs s'attendraient à trouver une quantité inférieure de résidus de pesticides synthétiques et de nitrates dans l'agriculture biologique.

Bien qu'une faible quantité de données soit actuellement disponible au sein de la littérature scientifique sur les résidus de pesticides dans l'agriculture biologique, certaines preuves démontrent que les denrées alimentaires issues de l'agriculture classique sont davantage susceptibles de contenir des résidus de pesticides synthétiques (simples et multiples) que les denrées alimentaires d'origine biologique.(23, 25, 30-34) Par ailleurs, les niveaux de résidus des denrées alimentaires d'origine classique sont systématiquement supérieurs à ceux des denrées alimentaires d'origine biologique. Néanmoins, ces résultats ne signifient pas que les aliments biologiques et classiques contiennent nécessairement des résidus de pesticides à des concentrations représentant un danger pour la santé humaine ou à des concentrations pouvant même être mesurées en laboratoire.(35, 36) Ainsi, la présence de pesticides synthétiques dans l'alimentation biologique peut provenir d'une pollution environnementale. Bien que l'agriculture biologique ne permette pas l'utilisation de pesticides synthétiques, elle peut impliquer l'utilisation d'un nombre limité de biopesticides, luttant notamment contre les organismes nuisibles à travers l'intervention de micro-organismes ou de produits naturels (cuivre, soufre, etc.).(37) Comparativement aux pesticides chimiques conventionnels, les biopesticides ont généralement un impact global inférieur sur l'environnement.(38) Une liste de tous les produits de protection des végétaux autorisés est reprise dans la directive européenne 91/414/CEE(39), alors que l'annexe II du règlement (CE) 889/2008(2) fournit une liste des produits autorisés pour l'agriculture biologique.

Compte tenu de ces informations, on peut en conclure que la croyance des consommateurs sur l'absence ou la présence limitée de résidus de pesticides synthétiques est largement confirmée par les preuves scientifiques existantes. En revanche, elles n'appuient pas la perception selon laquelle les denrées alimentaires d'origine biologique sont plus saines ou ne contiennent aucun résidu de pesticides.

Un autre résultat récurrent se rapporte au fait que l'alimentation biologique tend à présenter des niveaux de nitrates inférieurs à ceux de l'alimentation conventionnelle.(17, 23, 33) L'interdiction d'engrais synthétiques (contenant de l'azote) et d'engrais naturels (compost) pourrait expliquer cette situation. Toutefois, pour certaines cultures présentant une capacité d'accumulation des nitrates réduite, comme les semences de légumes et les légumes à bulbe, le mode de fertilisation n'a pas d'impact significatif sur la teneur en nitrates. Par conséquent, le niveau de nitrates ne varie pas de façon significative entre ces cultures, qu'elles soient produites de façon biologique ou conventionnelle. Bien que les nitrates soient classés comme contaminant, des études récentes suggèrent que les nitrates peuvent également avoir un effet bénéfique sur la santé, comme un effet hypotenseur chez les adultes.(40, 41) 

Il existe peu de preuves scientifiques expliquant d'éventuelles différences relatives à la présence de métaux lourds (cadmium, plomb, etc.) entre les cultures produites de façon biologique et conventionnelle. La possibilité que les métaux lourds soient absorbés à partir du sol reste identique, indépendamment de la technique de culture privilégiée, si bien qu'il ne faut s'attendre à aucune différence significative sur ce plan. Le cadmium pourrait néanmoins faire figure d'exception à la règle. En effet, en raison de l'utilisation autorisée de boues d'épuration dans l'agriculture conventionnelle, les cultures peuvent présenter des niveaux de cadmium plus élevés.(23, 42-44) Toutefois, aucune différence significative n'a été observée jusqu'à présent par les études comparatives menées.

3.2 Micro-organismes et mycotoxines

Les aliments peuvent être contaminés par des micro-organismes (bactéries, champignons, etc.) à tout moment pendant la culture, la récolte, le stockage, la transformation, la distribution ou la préparation. Les sources primaires de contamination microbienne comprennent le sol, l'air, l'eau, les fumiers d'animaux non traités utilisés comme engrais, les peaux et intestins d'animaux, les unités de transformation de denrées alimentaires et les ustensiles. Sur le plan des contaminants microbiens, les consommateurs perçoivent l'alimentation d'origine biologique comme étant moins contaminée que l'alimentation conventionnelle.(13)

Plusieurs études indiquent que la contamination par des agents pathogènes bactériens est plus élevée dans l'agriculture biologique que dans les cultures traditionnelles, alors que d'autres n'observent aucune différence.(45-47) Certains auteurs suggèrent qu'en raison de l'utilisation de fumier d'origine animale et de l'interdiction de fongicides et de certains additifs dans l'agriculture biologique, les denrées alimentaires produites de cette façon sont susceptibles de présenter un risque plus élevé de contamination microbiologique.(45, 48) En ce qui concerne l'utilisation de fumier d'origine animale, certaines recherches ont souligné la destruction de la plupart des agents pathogènes par la température élevée du processus de compostage.(49, 50) D'autres affirment en revanche que si le compostage est susceptible de détruire les cellules végétatives, il ne peut rien contre les spores susceptibles de germer en milieu propice.(51) Une bonne gestion du fumier d'animaux joue un rôle important dans la prévention de la contamination alimentaire d'origine microbiologique.(52) Par conséquent, afin d'assurer la sécurité des aliments, de nombreux pays ont rédigé des directives portant sur une meilleure gestion des fumiers à travers l'ensemble de la chaîne alimentaire (jusqu'au consommateur).

Sur le plan alimentaire, une revue systématique récente tirait comme conclusion que la contamination bactérienne de la volaille et du porc au détail était fréquente, mais que cette contamination n'était pas liée aux méthodes agricoles utilisées. Toutefois, le risque relatif à l'isolation des bactéries résistantes aux antibiotiques était plus élevé dans l'agriculture conventionnelle que dans le cas des volailles et des porcs élevés conformément aux principes de l'agriculture biologique.(25)

Les mycotoxines forment une autre problématique de sécurité alimentaire. Elles sont produites dans certaines conditions par certains champignons se développant comme contaminants sur les cultures alimentaires (cela peut se produire pendant la culture et/ou le stockage). La présence de mycotoxines dans les cultures et les aliments, de même que la nourriture pour bétail, est indésirable en raison de leur toxicité et de leurs effets secondaires sur la santé animale et la santé humaine. Des études contradictoires ont été publiées sur la présence de mycotoxines dans l'alimentation d'origine biologique et conventionnelle: alors que certaines études font état de niveaux significativement plus élevés de mycotoxines dans l'alimentation d'origine biologique(53, 54), d'autres font le même constat dans l'alimentation d'origine conventionnelle(55-59), tandis que d'autres encore ne font état d'aucune différence.(44, 60-62) 
Ces données démontrent que la recherche scientifique manque d'un avis univoque sur la question et qu'elle n'est à l'heure actuelle pas en mesure de déterminer avec certitude si les denrées alimentaires produites avec l'une ou l'autre technique sont davantage exposées à la contamination microbiologique ou par mycotoxines.

3.3 Organismes génétiquement modifiés et alimentation biologique

Bien que la modification génétique présente de nombreux avantages potentiels, certains consommateurs la considèrent comme artificielle.(63) La tolérance des consommateurs à l'égard de la présence accidentelle d'OGM dans les cultures biologiques est très limitée.(64)

Par règlement, l'utilisation d'OGM dans la production d'alimentation d'origine biologique est interdite (article 9, règlement 834/2007/CE (1)). La législation européenne stipule que l'agriculture biologique doit préserver la diversité génétique du milieu agricole et de ses environs. Les producteurs d'alimentation d'origine biologique peuvent s'appuyer sur les labels ou sur tout autre document d'appui pour attester que leurs produits biologiques ne contiennent pas d'OGM. Toutefois, il convient de noter que dans le cadre de la législation relative aux denrées alimentaires et aux aliments pour animaux génétiquement modifiés, l'étiquetage n'est pas obligatoire si un aliment contient ou est produit à partir d'un OGM dans une proportion inférieure à 0,9 %. La législation relative à la production biologique interdit l'utilisation du label sur les aliments déjà soumis à une obligation de porter le label OGM. Par conséquent, les aliments contenant des ingrédients génétiquement modifiés pourraient être étiquetés comme étant d'origine biologique si le pourcentage OGM de l'ingrédient concerné est inférieur à 0,9 %.

4. Capital santé

Certains consommateurs sont séduits par l'achat d'aliments d'origine biologique en raison des avantages perçus pour leur santé (leur valeur nutritionnelle et leur sûreté).(4)  Sur la base des preuves présentées, dans le cadre d'une augmentation de l'absorption de nutriments ou d'une réduction de l'absorption de contaminants, il n'existe aucune raison scientifique d'encourager le choix d'aliments d'origine biologique au détriment d'aliments issus de l'agriculture conventionnelle. Toutefois, une étude ayant évalué l'absorption de nutriments et de contaminants sur la base de la consommation de légumes d'origine biologique ou conventionnelle a indiqué que l'absorption de légumes était supérieure chez les consommateurs d'aliments d'origine biologique.(65) Dans la plupart des cas, afin de déterminer l'absorption de nutriments et de contaminants, il s'est avéré davantage pertinent d'évaluer la quantité de légumes consommés plutôt que les éventuelles différences de concentration de nutriments et de contaminants entre les légumes d'origine biologique et conventionnelle.

Il n'existe que très peu d'études fiables analysant les effets de la consommation d'aliments d'origine biologique sur la santé des animaux et des humains. Quelques études menées sur des animaux suggèrent une association positive des aliments d'origine biologique et une amélioration des défenses immunitaires des animaux(66, 67), alors que des études menées sur des humains indiquent une influence bénéfique des régimes à base d'aliments biologiques sur la santé reproductive, la croissance et l'évolution de la charge pondérale, de même que sur les concentrations en antioxydants dans le plasma(22, 68-70) ou le risque d'eczéma.(71) Toutefois, trois études récentes en sont arrivées à la conclusion qu’il n’existe actuellement pas de preuves en suffisance permettant d'affirmer que la consommation d'aliments d'origine biologique est meilleure pour la santé humaine que la consommation d'aliments d'origine conventionnelle.(25, 72, 73) 

5. Transformation des aliments d'origine biologique et conventionnelle

Lorsque l'agriculture biologique en était encore à ses balbutiements, les consommateurs intéressés par cette philosophie recherchaient avant tout des aliments frais ou ayant subi une transformation minimale, sans ajout d'agents chimiques artificiels. Ils achetaient majoritairement leurs aliments d'origine biologique directement auprès des cultivateurs, chez qui ils développaient également leur connaissance pratique de l'agriculture biologique («dis-moi qui est ton agriculteur, je te dirai ce que tu manges»). Aujourd'hui, la vente d'aliments d'origine biologique dans le secteur de la grande distribution (dont les supermarchés) a rapidement remplacé le contact direct avec l'agriculteur(74) et la concurrence avec les aliments transformés issus de l'agriculture conventionnelle devrait conduire à une augmentation de la disponibilité des aliments d'origine biologique. Néanmoins, les consommateurs considèrent que la transformation alimentaire ne convient pas aux aliments issus de l'agriculture biologique: ils sont associés à la pureté et à la production à petite échelle, aux aliments produits localement(11) ou à une production domestique.(75)

La loi stipule que la transformation d'aliments biologiques n'est autorisée que lorsque ces derniers conservent leur intégrité biologique et leurs qualités vitales. Comparativement aux méthodes de transformation conventionnelles, la transformation d'aliments d'origine biologique est encore plus limitée dans son utilisation d'additifs alimentaires (cf. liste reprise à l'annexe VIII du règlement 889/2008/CE(2)), d'ingrédients non biologiques aux fonctions essentiellement technologiques et organoleptiques, aux micronutriments et aux auxiliaires de traitement. Ils ne peuvent être utilisés que dans le cas de besoins essentiellement technologiques ou à des fins nutritionnelles spécifiques.

6. Qualités organoleptiques

Alors que les consommateurs pensent généralement que les aliments d'origine biologique sont meilleurs en termes de goût, d'aspect et d'odeur(22), aucune preuve scientifique ne permet d'attester la supériorité organoleptique des aliments d'origine biologique(17, 76). En effet, des tests menés à l'aveugle n'ont démontré que peu, voire aucune différence entre les deux philosophies d'agriculture.(77, 79) En dépit de cet élément, de nombreux chefs choisissent des aliments d'origine biologique sur la base de cette seule impression de supériorité.(80) Il est intéressant de noter dans ce cadre que les qualités gustatives, visuelles ou olfactives d'une plante de culture peuvent varier en fonction de sa variété, de sa maturité, de sa fraîcheur ou de la durée de son stockage.

7. Questions environnementales

Après la santé, la protection de l'environnement constitue le deuxième facteur qui incite le plus les consommateurs à acheter des aliments d'origine biologique.(4) Nous abordons ci-dessous quatre grands indicateurs environnementaux: i) la qualité du sol et de l'eau, ii) les émissions de gaz à effet de serre, iii) la biodiversité et iv) l'utilisation efficace des ressources.

7.1 La qualité du sol et de l'eau

Une teneur importante en matières organiques dans le sol crée les conditions agricoles et environnementales propices à la culture en raison de la réduction de l'érosion, du plus grand pouvoir tampon du sol, d'une plus grande capacité de filtrage et d'un habitat plus riche pour les organismes vivants. Les principes de l'agriculture biologique sont bénéfiques à la teneur en matières organiques des terres agricoles et à la capacité de séquestration du carbone.(81) Cette situation s'explique essentiellement par l'utilisation exclusive d'engrais d'origine biologique (compost et fumier), la rotation des cultures, le recyclage des résidus de culture et un pourcentage plus élevé de pâture, comparativement à l'utilisation générale d'engrais synthétiques dans l'agriculture conventionnelle.

La lixiviation des nitrates et des phosphates de sources agricoles influence la qualité du sol et de l'eau de surface (elle stimule la croissance des algues et réduit les concentrations d'oxygène disponibles, empêchant ainsi la croissance des animaux et des plantes aquatiques). Des études ont démontré que les niveaux de lixiviation des nitrates traduisent d'importantes variations lorsqu'on compare l'agriculture biologique et l'agriculture conventionnelle, ce qui indique que des facteurs extérieurs aux pratiques agricoles (le climat et le type de sol) jouent un rôle non négligeable. En moyenne, l'agriculture conventionnelle présente une lixiviation par unité de surface plus importante que l'agriculture biologique, ce qui s'explique par une application plus élevée d'engrais, une utilisation moins importante de cultures de couverture végétale, une proportion carbone-azote (C/N) plus faible et une densité de pâturages plus élevée (le nombre d'animaux paissant sur une superficie donnée sur une durée donnée).(81) Toutefois, lorsque la lixiviation des nitrates est exprimée en unité de produit (par kg), les deux systèmes présentent des résultats similaires. En ce qui concerne le phosphate, certains éléments indiquent une lixiviation inférieure dans le cas de l'agriculture biologique.(81) Des études complémentaires restent cependant nécessaires pour étayer cette hypothèse. L'explication la plus probable est à nouveau la faible utilisation d'engrais par l'agriculture biologique.

7.2 Émissions de gaz à effet de serre

Les émissions de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d'azote et chlorofluorocarbures) dans l'atmosphère sont considérées comme un important facteur contribuant au réchauffement climatique mondial. La production agricole est partiellement responsable de l'émission des trois gaz à effet de serre les plus importants: le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote. Une méta-analyse de la recherche indique que l'agriculture biologique se caractérise par un taux d'émission de ces gaz par hectare inférieur à celui de l'agriculture conventionnelle.(81) Lorsque ces émissions sont exprimées en unité de produit, il n'y a toutefois aucune différence entre les deux systèmes. En se concentrant sur les deux gaz essentiellement issus de la production agricole, le méthane et le protoxyde d'azote, des émissions par hectare plus faibles sont observées dans l'agriculture biologique.(81)

7.3 Biodiversité

Que ce soit en termes de diversité ou d'abondance des espèces, l'agriculture biologique semble enregistrer de meilleurs résultats que l'agriculture conventionnelle par hectare.(82-84) L'absence générale d'engrais et de pesticides synthétiques, la gestion active des habitats non cultivés et des bordures de champs et l'occurrence plus élevée de cultures mixtes constituent les principaux éléments contribuant à la diversité.

7.4 Utilisation efficace des ressources

Différentes méta-analyses de la recherche actuelle indiquent une utilisation des terres par hectare moins efficace, et donc également des rendements inférieurs, dans le cas de l'agriculture biologique.(81, 85) En ce qui concerne l'efficacité énergétique, l'agriculture biologique s'avère plus efficace que l'agriculture conventionnelle en termes de rapport input/output énergétique.(86) Parmi les principales raisons, citons l'interdiction d'utiliser des pesticides et des engrais synthétiques et la plus faible utilisation d'aliments concentrés, ce qui conduit à un apport énergétique inférieur. Toutefois, exprimée par unité de produit (par kg), la différence est plus réduite.

Dans l'ensemble, pour les quatre aspects à l'étude, la production biologique est plus respectueuse de l'environnement lorsque les résultats sont exprimés par superficie de production (hectare). La différence est en revanche réduite lorsque les résultats sont exprimés par unité de produit (kg).

8. Bien-être des animaux

Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par le bien-être des animaux de la chaîne agroalimentaire.(87, 88) Cette préoccupation grandissante ressort clairement au regard de la demande croissante pour certains aliments (dont les œufs de poules en libre parcours), le nombre croissant de végétariens et l'appel à une législation plus stricte en matière de bien-être des animaux.(75) Bien que la préoccupation grandissante des consommateurs pour leur santé et l'environnement forme l'un des grands facteurs influençant leur décision de se porter vers des aliments d'origine biologique, leur inquiétude à l'égard du bien-être des animaux ne peut pas être ignorée. Ainsi, les consommateurs perçoivent l'alimentation d'origine biologique comme une alimentation produite de façon naturelle (sans utilisation d'agents chimiques ou d'hormones de croissance) et non intensive.(89) Ils pensent que la philosophie biologique et le respect du bien-être des animaux sont deux concepts liés. Ils utilisent le bien-être des animaux comme un indicateur de sécurité et de qualité alimentaire.(90)

S'il est vrai que le bien-être des animaux est une composante majeure de la philosophie de l'agriculture biologique, il n'est pas nécessairement acquis que les exigences en matière de bien-être des animaux de la législation relative à l'agriculture biologique sont supérieures à celles de l'agriculture conventionnelle (les exigences en matière de bien-être des animaux sont extrêmement strictes au sein de l'UE et ne se rapportent pas uniquement à la production animalière, mais aussi à leur transport, à leur assommage et à leur abattage). Conformément à la réglementation, l'agriculture biologique doit inclure des normes élevées en matière de bien-être des animaux et répondre aux besoins comportementaux spécifiques des espèces animalières. La gestion de la santé animalière doit par ailleurs impliquer la prévention des maladies. Les normes strictes en matière de bien-être des animaux présupposent notamment des espaces de logement suffisamment grands (avec un accès sur l'extérieur), l'obligation d'aménager des litières de paille, du fourrage biologique, une utilisation limitée d'antibiotiques, des délais allongés avant la livraison de produits d'origine animalière en cas de traitement médicamenteux, des périodes de sevrage plus longues (porcs), l'interdiction d'écourtage de la queue, de rognage ou de limage des dents et du bec et la sélection de races appropriées pour l'accouplement. La prévention des maladies dans le cadre d'un élevage de bétail biologique présuppose que le logement, l'alimentation et le soin des animaux soient effectués de façon à assurer le développement optimal des défenses naturelles des animaux. Il n'existe toutefois que peu de preuves scientifiques à l'heure actuelle étayant ou réfutant ce principe.(87)

9. Approvisionnement alimentaire

L'alimentation biologique peut-elle nourrir la planète ? Aujourd'hui, cette question reste ouverte. Certaines études suggèrent que l'agriculture biologique peut produire suffisamment de denrées alimentaires pour subvenir aux besoins de la population mondiale sans accroître l'occupation de terres à des fins agricoles. Outre la prise en considération de la dégradation des ressources causées par l'agriculture conventionnelle, cette preuve repose sur le principe que toute la base de terres agricoles soit convertie en production biologique.(85) Il est moins sûr que la production de denrées alimentaires d'origine biologique soit capable de nourrir la population mondiale croissante. Une série de facteurs importants en faveur de la durabilité de l'agriculture biologique se rapporte à l'interdiction de pesticides et d'engrais synthétiques énergivores et à la protection environnementale. Toutefois, les opposants à cette philosophie doutent que l'agriculture soit un jour capable de nourrir la population mondiale croissante sans veiller en parallèle à maximiser le rendement des cultures, à réduire de façon drastique les pertes pré-récoltes et post-récoltes et à utiliser les nouvelles technologies telles que la modification génétique. Une étude de scénario a indiqué que si 50 % de l'agriculture européenne et nord-américaine était convertie en production biologique, la production diminuerait et le prix des matières premières augmenterait.(91) Dans cette perspective, la faim dans le monde s'aggraverait légèrement. Toutefois, en convertissant en culture biologique des zones à faible rendement de la région d'Afrique subsaharienne, la production augmenterait et les prix diminueraient. Dans cette perspective, la sécurité alimentaire s'améliorerait légèrement. Cet élément illustre la complexité de la question et en appelle à davantage de preuves sur la capacité de l'agriculture biologique à nourrir la planète.

10. Conclusion

De façon générale, l'alimentation et l'agriculture biologiques bénéficient de perceptions favorables de la part des consommateurs, mais dont certaines ne peuvent pas être étayées sur le plan scientifique. Par conséquent, de nouvelles recherches sont nécessaires pour renforcer les preuves scientifiques sur les risques et les avantages de l'agriculture biologique comparativement aux denrées alimentaires d'origine conventionnelle afin que les consommateurs puissent prendre leurs décisions sur base d'informations précises et objectives. En raison du cadre réglementaire minutieux qui entoure la chaine alimentaire, les consommateurs peuvent avoir la certitude du caractère sécurisé des denrées alimentaires d'origine biologique et conventionnelle dans le cadre d'un régime alimentaire équilibré. Le terme «biologique» doit être considéré comme une caractéristique de production, indiquant au consommateur qu'un produit a été fabriqué conformément à la réglementation en vigueur sur l'agriculture biologique (règlement CE 834/2007(1)), plutôt que comme une caractéristique de produit (en ce compris les caractéristiques nutritives et de santé).

Bibliographie 

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Date de la dernière mise à jour du site : 21/07/2016
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