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FOOD TODAY 03/2011

Vitamine D : un avenir très prometteur

La vitamine D a récemment mobilisé l’actualité en Europe. Il semble en effet que des mesures complémentaires soient nécessaires pour en assurer les apports suffisants. Mais lesquelles ? Le régime alimentaire et l’exposition au soleil suffisent-ils ou faut-il envisager des actions complémentaires ?

Vitamine D – bien plus qu’une vitamine
La vitamine D est un nutriment unique dont l’originalité tient à ce qu’elle peut être apportée par l’alimentation et synthétisée par l’action du soleil sur la peau nue. Elle joue un rôle essentiel dans l’assimilation optimale du calcium par l’organisme, en participant à son absorption dans l’intestin et à sa fixation sur les os, ainsi que dans la régulation des concentrations de calcium dans le sang. La carence en vitamine D provoque des troubles osseux, comme le rachitisme chez l’enfant et l’ostéoporose chez l’adulte. D’autres données indiquent par ailleurs que la vitamine D joue plusieurs autres fonctions.

La vitamine D existe sous deux formes, la vitamine D2 et la vitamine D3, qui diffèrent légèrement par leur structure chimique. La vitamine D2 ou ergocalciférol est produite par les levures et ajoutée à de nombreux aliments. La vitamine D3 (cholécalciférol) est pour sa part synthétisée dans la peau sous l’action du soleil. On la trouve également dans les aliments d’origine animale. Ces deux formes de vitamine D sont utilisées dans les aliments enrichis et les compléments alimentaires, mais plusieurs données laissent penser que la vitamine D3 est plus puissante et plus stable que la vitamine D2 et qu’elle devrait être privilégiée comme fortifiant1.

Vitamine D résultant de l’exposition au soleil
La vitamine D est synthétisée à partir du cholestérol, sous l’effet des rayons de soleil sur la peau. Plus exactement, ce sont les rayons ultraviolets B (UV-B, 280-315 nm) qui synthétisent la vitamine D à partir de son précurseur, le 7-déhydrocholestérol. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande 30 minutes environ d’exposition quotidienne du visage et des bras au soleil (en prenant soin d’éviter les coups de soleil) pour garantir une synthèse adéquate de vitamine D2. L’excédent de cette vitamine liposoluble synthétisée durant l’été peut être stocké dans les tissus adipeux pour être utilisé plus tard. Il est impossible de trop synthétiser de vitamine D par suite de l’exposition au soleil en raison d’un mécanisme d’autorégulation qui conduit à sa dégradation thermo-induite en analogues inactifs de la vitamine D.

Les réserves de vitamine D ne sont habituellement pas suffisantes pour durer tout l’hiver et sous les latitudes européennes, le soleil n’est pas assez puissant en hiver pour permettre la synthèse de quantités satisfaisantes de vitamine D3. Selon l’OMS, les personnes qui sortent peu ou portent des vêtements couvrant tout le corps sont exposées à un risque particulièrement élevé de carence en vitamine D, au même titre que les personnes à la peau foncée, car la pigmentation de la peau empêche les rayons UVB d’atteindre les cellules qui interviennent dans la synthèse de la vitamine D2. L’utilisation fréquente et consciencieuse d’écrans solaires, recommandée pour se protéger du cancer de la peau, a également pour effet de bloquer la synthèse de la vitamine D4,5. Par conséquent, la vitamine D d’origine alimentaire remplit une fonction importante.

Vitamine D d’origine alimentaire
L’OMS recommande des apports quotidiens en vitamine D de 5 µg (soit 200 unités internationales (UI)) pour les enfants et les adultes de moins de 50 ans (y compris les femmes enceintes et qui allaitent), de 10 µg (400 UI) pour les adultes âgés entre 51 et 65 ans et de 15 µg (600 UI) pour les personnes de plus de 65 ans2. Les recommandations nationales concernant les apports en vitamine D d’origine alimentaire varient selon les pays européens mais tendent à être supérieures6. À titre de comparaison, l’Institute of Medicine (IOM) des États-Unis recommande actuellement des apports en vitamine D de 15 µg par jour entre l’âge de 1 an et de 70 ans et de 20 µg par jour après 70 ans7. Ces nouvelles recommandations de l’IOM constituent une augmentation significative par rapport aux recommandations antérieures : les apports recommandés en vitamine D pour les enfants sont en effet trois fois supérieurs aux apports antérieurs et 1,5 à trois fois plus élevées pour les adultes jusqu'à l'âge de 70 ans, ce qui témoigne des progrès significatifs opérés dans les connaissances sur l'intérêt de la vitamine D.

Les principales sources alimentaires de vitamine D sont le foie de poisson, les huiles de foie de poisson, les poissons gras et le jaune d’œuf (voir Tableau 1) ainsi que les aliments enrichis comme les céréales, le lait, le beurre et la margarine8.

Tableau 1 - Principales sources alimentaires de vitamine D
Aliment
Vitamine D (µg par 100 g)
Huile de foie de morue
210.0
Maquereau cru
8.2
Saumon cru
7.1
Saumon grillé
5.9
Jaune d’oeuf
4.9
Source9

Les apports maximaux tolérables de vitamine D fixés par le Comité scientifique de l’alimentation humaine sont de 25 µg par jour pour les nourrissons et les enfants jusqu’à l’âge de 10 ans et de 50 µg par jour pour le reste de la population8. À titre de comparaison, l’IOM a fixé les apports maximaux tolérables de vitamine D à 25 µg par jour pour les nourrissons entre l’âge de 0 et 6 mois, à 37,5 µg pour les nourrissons entre 6 mois et 12 mois, à 62,5 µg pour les enfants âgés entre 1 et 3 ans, à 75 µg pour les enfants âgés entre 4 et 8 ans et à 100 µg pour les personnes de 9 ans et plus7.

Les apports en vitamine D sont-ils insuffisants ?
La plupart des Européens ne parviennent pas à respecter les apports alimentaires recommandés en vitamine D2,3. Les personnes qui ont de la difficulté à obtenir les apports recommandés par l’exposition au soleil et leur alimentation peuvent opter pour les compléments de vitamine D ou les aliments enrichis. Des recherches récentes ont montré par exemple que le jus d’orange enrichi en vitamine D est un moyen économique de permettre à la population de satisfaire les apports recommandés10.

Des programmes d'enrichissement des aliments en vitamine D, qui visent à atteindre une proportion importante de la population, ont été déployés avec succès dans plusieurs pays (par exemple, au Canada, avec l'enrichissement systématique du lait liquide), comme en témoigne l'évaluation du statut en vitamine D des populations de ces pays. L’enrichissement des aliments (obligatoire et volontaire) doit être surveillé afin de mesurer son impact sur les apports totaux. Les programmes obligatoires d’enrichissement des aliments en vitamine D ont un avantage particulier sur les programmes de fortification volontaires car ils permettent d’éviter les écarts importants observés parfois au sein d’une même gamme ou catégorie d’aliments (p. ex., les céréales pour le petit déjeuner). Pour ces raisons et pour garantir des apports adéquats en vitamine D, les autorités de santé publique recommandent que les compléments procurent des doses journalières bien définies (surtout pour les groupes à risque comme les personnes âgées et les femmes ménopausées), en plus des apports de base provenant de l’alimentation, aliments enrichis compris11.

Quelle que soit la solution, il convient de se rappeler que les apports quotidiens totaux ne doivent pas dépasser les limites d’apport maximum tolérable, comprises entre 25 et 50 µg (1 000 et 2 000 UI) selon l’âge, fixées par le Comité scientifique de l’alimentation humaine8. Les personnes qui s’exposent beaucoup au soleil devraient peut-être surveiller leurs apports alimentaires pour ne pas dépasser ces limites maximales tolérables. Les symptômes cliniques d’un excès de vitamine D (hypervitaminose D) incluent l’anorexie, la perte de poids, la faiblesse, la fatigue, la désorientation, les vomissements et la constipation8.

Bénéfices de la vitamine D – anciens et nouveaux
La vitamine D joue un rôle important dans la santé osseuse, mais elle est également nécessaire au bon fonctionnement des muscles et à l’équilibre. Une carence en vitamine D peut donc augmenter le risque de fractures. En plus de contribuer à l’ossification, des apports adéquats en vitamine D réduisent le risque de fractures de l’ordre de 20 à 30 % en cas de chute, un problème important chez les adultes âgés12. La vitamine D pourrait aussi être bénéfique pour contrer le déclin cognitif chez les personnes âgées, et pour les personnes atteintes de sclérose en plaques, de polyarthrite rhumatoïde, de diabète et de certains cancers (du sein, colorectal et de la prostate)13-15. Toutefois, le rapport de l’IOM recommande la prudence et souligne que de plus amples recherches s’imposent pour confirmer ces bénéfices7.

Conclusions
Pour les Européens à risque de carence en vitamine D, de courtes périodes d’exposition au soleil chaque jour pourraient permettre d’obtenir des apports suffisants à la fin du printemps, en été et au début de l’automne. Des étés courts, un mode de vie laissant peu de place au plein air, de même que les inquiétudes au sujet du cancer de la peau, soulignent l'intérêt de mesures alimentaires pour permettre de satisfaire les besoins individuels. Celles-ci peuvent passer par l’enrichissement des aliments en vitamine D et la prise de compléments, surtout pour les groupes particulièrement exposés au risque d’apports insuffisants en vitamine D.

Références
  1. Houghton LA and Vieth R. (2006). The case against ergocalciferol (vitamin D2) as a vitamin supplement. American Journal of Clinical Nutrition 84(4):694-697.
  2. OMS. (2004). Vitamin and Mineral Requirements in Human Nutrition, 2nd Edition. Genève, Suisse.
  3. Ovesen et al. (2003). Geographical differences in vitamin D status, with particular reference to European countries. Proceedings of the Nutrition Society 62:813-821.
  4. OMS Aide-mémoire n° 305. Rayonnement ultraviolet et santé. Décembre 2009. Accessible à : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs305/fr/index.html
  5. Norval M, Wulf HC. (2009). Does chronic sunscreen use reduce vitamin D production to insufficient levels? British Journal of Dermatology 161(4):732-736.
  6. Doets EL et al. (2008) Current micronutrient recommendations in Europe: towards understanding their differences and similarities. European Journal of Nutrition 47 Supplement 1:17-40.
  7. Institute of Medicine. (2010). DRIs for Calcium and Vitamin D. Accessible à : http://www.iom.edu/Reports/2010/Dietary-Reference-Intakes-for-Calcium-and-Vitamin-D/DRI-Values.aspx
  8. Comité scientifique de l’alimentation humaine. (2002). Opinion of the Scientific Committee on Food on the Tolerable Upper Intake Level of Vitamin D. Accessible à : http://ec.europa.eu/food/fs/sc/scf/out157_en.pdf
  9. Food Standards Agency (2002). McCance and Widdowsons’s The Composition of Foods, 6th summary edition. Cambridge: Royal Society of Chemistry.
  10. Biancuzzo RM et al. (2010). Fortification of orange juice with vitamin D2 or vitamin D3 is as effective as an oral supplement in maintaining vitamin D status in adults. American Journal of Clinical Nutrition 91:1621-1626.
  11. Flynn MAT et al. (2008). Folic acid food fortification: the Irish experience. Proceedings of the Nutrition Society 67:381-389.
  12. Bischoff-Ferrari HA et al. (2009). Fall prevention with supplemental and active forms of vitamin D: a meta-analysis of randomised controlled trials. British Medical Journal 339:b3692.
  13. Buell et al. (2009). Vitamin D Is Associated With Cognitive Function in Elders Receiving Home Health Services. Journal of Gerontology 664:888-895.
  14. Holick MF. (2004). Sunlight and vitamin D for bone health and prevention of autoimmune diseases, cancers, and cardiovascular disease. American Journal of Clinical Nutrition 80(6 Suppl):1678S-1688S.
  15. Giovannucci E et al. (2006). Prospective study of predictors of vitamin D status and cancer incidence and mortality in men. Journal of the National Cancer Institute 98(7):451-459.
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Date de la dernière mise à jour du site : 15/07/2014
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