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LES NOTIONS DE BASE 06/2006

Les additifs alimentaires

1. Introduction

L’usage des additifs alimentaires inquiète toujours les consommateurs.

Malgré leurs caractéristiques modernes, les additifs alimentaires sont employés depuis des siècles. La conservation des aliments a commencé quand l'homme a appris à protéger chaque récolte jusqu’à la récolte suivante et à conserver viande et poisson en les salant ou en les fumant. Les Egyptiens ont utilisé des colorants et des arômes pour augmenter l'attrait de certains produits alimentaires et les Romains ont eu recours au salpêtre (ou nitrate de potassium), aux épices et colorants pour la conservation et l'amélioration de l’apparence des aliments. De tout temps, les cuisiniers ont régulièrement employé la levure en tant qu’agent levant, des épaississants pour les sauces, les sauces au jus et colorants comme la cochenille pour transformer des matières premières de bonne qualité en des produits alimentaires sûrs, sains et agréables à manger. Le but de la cuisine traditionnelle n’est guère différent de celui des aliments préparés ou en conserve d’aujourd’hui.

Ces 50 dernières années, les développements scientifiques dans l'alimentation et les avancées technologiques ont abouti à la découverte de nouvelles substances qui peuvent remplir de nombreuses fonctions dans des produits alimentaires divers. Ces additifs alimentaires sont maintenant aisément disponibles, et comprennent : les émulsifiants dans la margarine, les édulcorants dans les produits à basses calories et une gamme plus large de conservateurs et d’antioxydants pour ralentir la dégradation du produit et le rancissement, tout en maintenant le goût.

2. Que sont les additifs alimentaires et pourquoi sont-ils nécessaires?

Un additif alimentaire est défini comme "n'importe quelle substance habituellement non consommée comme un aliment en soi et non employée comme un ingrédient caractéristique de l’aliment, qu’il ait une valeur nutritionnelle ou non, dont l’addition intentionnelle à l’aliment pour un but technologique dans la fabrication, le traitement, la préparation, l'emballage, le transport ou le stockage devient, ou peut s’attendre raisonnablement à devenir, lui ou un de ses dérivés, directement ou indirectement, un composant de cet aliment (Directive 89/107/EEC). Nombre d’ additifs alimentaires mentionnés sont naturels et quelquefois même, sont des nutriments essentiels; c’est simplement leur but technique qui les fait entrer dans la catégorie des additifs alimentaires et qui leur confère un nombre E.

Les additifs alimentaires jouent aujourd’hui un rôle important dans l’approvisionnement alimentaire. Jamais auparavant la gamme et le choix d’aliments n’ont été si larges, que ce soit dans les supermarchés, dans les magasins spécialisés ou au restaurant. Alors que le nombre d’individus travaillant dans le secteur primaire est de plus en plus restreint, les consommateurs exigent encore plus de variété, de choix et de facilité d’utilisation, en même temps que des normes de sécurité et de salubrité plus élevées et des prix accessibles. Répondre à cette demande est réalisable seulement par l'utilisation de technologies industrielles modernes, qui suppose l’emploi d’une variété d'additifs alimentaires qui ont apporté la preuve de leur efficacité et de leur sécurité.

Les additifs remplissent une variété de fonctions utiles dans les produits alimentaires, qui sont souvent considérés comme allant de soi. Les produits alimentaires sont pourtant soumis à beaucoup de conditions environnementales, tels que des changements de température, l'oxydation et l'exposition bactérienne, qui peuvent modifier leur composition originale. Les additifs alimentaires jouent un rôle clef dans le maintien des qualités et les caractéristiques de l’aliment que les consommateurs exigent et ce, de la fourche à la fourchette. Les additifs alimentaires sont rigoureusement réglementés et parmi les critères généraux d’utilisation, ils doivent s’avérer utiles, sûrs et ne doivent pas induire le consommateur en erreur.

3. Comment la sécurité des additifs alimentaires est-elle évaluée en Europe ?

Tous les additifs alimentaires ne doivent pas seulement démontrer un but utile, mais ils doivent aussi répondre à une évaluation scientifique approfondie et rigoureuse de leur sécurité avant d’être approuvés. Jusqu’à la création de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA), la sécurité des additifs était évaluée par le Comité Scientifique de l'Alimentation Humaine (CSAH). Aujourd’hui, c’est le Groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments (AFC Panel) de l’AESA qui est chargé de cette tâche. Au niveau international, il existe également le Comité Conjoint d’Experts sur les Additifs alimentaires (JECFA) de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Les évaluations reposent sur l’examen de toutes les données toxicologiques disponibles, incluant des observations chez l’homme et dans des modèles animaux. A partir de ces données, une dose maximale n’ayant aucun effet toxique démontrable est déterminée. C’est la « dose sans effet » (DSE), utilisée pour calculer la « dose journalière admissible » (DJA) pour chaque additif alimentaire. La DJA fournit une grande marge de sécurité et stipule qu’à cette dose, un additif alimentaire peut être consommé quotidiennement toute la vie, sans aucun effet indésirable sur la santé.

Le CSAH, autrefois, et l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, aujourd’hui, encouragent l’utilisation des doses les plus basses possible pour chaque additif. Pour s’assurer que les consommateurs n'excèdent pas la DJA en consommant de trop grandes quantités d’un additif particulier, la législation européenne exige que des études soient faites en parallèle avec les différents types d’exposition réellement présents dans la population. Si la consommation quotidienne dépasse de temps en temps la DJA, il est peu probable que cela engendre des effets toxiques sur la santé, en raison de la grande marge de sécurité équivalente à 100 fois la DSE. Cependant, si la DJA était régulièrement dépassée par des tranches particulières de la population, la Commission évaluerait le besoin de réviser les quantités présentes dans les aliments ou réduirait la gamme des produits alimentaires dans lesquels on autorise l'additif.

La Commission du Codex Alimentarius rédige actuellement de nouveaux critères généraux pour les Additifs alimentaires, dans le but d'établir une harmonisation des normes sur le plan international. Seuls les additifs évalués par le JECFA y sont inclus.

Grâce à un règlement strict et leur mise à l'épreuve approfondie, les additifs alimentaires peuvent être considérés comme des constituants sûrs de notre régime alimentaire, qui contribuent à l'évolution rapide de l’alimentation en Europe et dans le monde entier.

4. Comment les additifs alimentaires sont-ils légiférés en Europe ?

Un véritable marché unique pour les produits alimentaires ne pourrait pas exister sans une harmonisation des règlements relatifs à l’autorisation et aux conditions d’utilisation d'additifs. En 1989, la Communauté européenne a adopté une directive générale 89/107/EEC exposant les critères d’évaluation des additifs, ainsi que trois directives techniques spécifiques : la directive 94/35/EC sur les édulcorants, la directive 94/36/EC sur les colorants et la directive 95/2/EC sur les autres additifs. Ces trois directives établissent la liste des additifs pouvant être employés (selon le principe de la liste positive), les produits alimentaires dans lesquels ils peuvent être ajoutés et leurs concentrations maximales. La pureté exigée pour ces additifs est fixée dans des directives définissant les critères spécifiques de pureté.

5. Les nombres E...

Le nombre E... signifie l’approbation d’un additif par l’UE. Pour l’obtenir, l’additif doit avoir été complètement évalué par le CSAH ou par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments. Le système des nombres E sert aussi facilement dans toutes les langues de l’UE. Liste des nombres E.

6. Les additifs alimentaires peuvent-ils engendrer de l’hyperactivité ?

Dans les années 70, quelques chercheurs ont suggéré que les changements des habitudes alimentaires ont coïncidé avec une hausse du nombre d'enfants présentant des troubles du comportement. L'idée selon laquelle les additifs alimentaires et les colorants en particulier pouvaient être liés à l'hyperactivité a suscité beaucoup d'intérêt et une controverse considérable. Plusieurs études scientifiques n'ont trouvé aucune association entre les additifs alimentaires (et les colorants en tête) et les troubles du comportement ou l'hyperactivité. La littérature scientifique actuelle ne soutient pas les régimes d'exclusion dans la thérapie primaire des troubles du comportement.

7. Les additifs alimentaires peuvent-ils générer des allergies ou des intolérances ?

Il y a eu également beaucoup d’inquiétude de la part du grand public concernant le potentiel allergisant des additifs. Les additifs alimentaires ont rarement été incriminés dans de véritables réactions allergiques. Citons toutefois quelques exemples :

Colorants

Des réactions à la tartrazine (E102, un colorant jaune) et au carmin (E120 ou cochenille rouge) ont été rapportées de temps à autre chez des individus sensibles. Les symptômes comprennent des éruptions cutanées, une congestion nasale et de l’urticaire, bien que l'incidence soit très faible (1-2 personnes sur 10,000). Très rarement, des réactions allergiques (avec IgE) ont été rapportées pour le carmin. La tartrazine a parfois provoqué de l'asthme chez des individus sensibles.

Sulfites

Les sulfites sont des additifs alimentaires qui peuvent causer des problèmes chez les individus sensibles. Dans ce groupe, figurent plusieurs sulfites inorganiques (E 220-228), dont le sulfite de sodium, le bisulfite de potassium, et le métabisulfite de potassium, qui contiennent du dioxyde de soufre (SO2). Ces conservateurs sont employés pour contrôler la croissance microbienne dans des boissons fermentées. On les retrouve dans les vins, les bières et les produits à base de fruits depuis plus de 2000 ans. Chez les individus sensibles (asthmatiques), les sulfites peuvent déclencher de l'asthme, caractérisé par des difficultés à respirer, de l'essoufflement, des râles et de la toux.

Glutamate de sodium et aspartame

Le glutamate de sodium est composé de sodium et d’acide glutamique. L’acide glutamique est un acide aminé retrouvé naturellement dans les produits alimentaires riches en protéines comme les viandes et les produits laitiers. Le glutamate est aussi un exhausteur de goût employé dans les plats préparés, l’alimentation chinoise, certaines sauces et les potages. Le glutamate a été accusé d'une variété d'effets secondaires incluant des maux de tête et des picotements. Cependant, aucune étude scientifique ne montre un lien entre le glutamate et ces réactions, suggérant qu’un autre composant du repas, ou même un stimulus psychologique, puissent être responsables d’effets défavorables.

De la même manière, l'aspartame, un édulcorant intense (une autre substance composée d'acides aminés naturels : l'acide aspartique et la phénylalanine) a été accusé de tous les maux, sans qu’aucun ne puisse être validé par des études scientifiques.

Alors que les additifs alimentaires ne posent aucun problème chez la plupart des personnes, un petit nombre d’individus ayant des allergies spécifiques peut être sensible à certains additifs alimentaires. Il apparaît que lorsque les additifs alimentaires ont un effet défavorable, ils renforcent une condition préexistante plutôt que de la déclencher. Ces réactions défavorables, rarement d’origine allergique, doivent faire l’objet d’un examen médical ou diététique afin d’éviter toute restriction inutile. Etant donné que tous les additifs alimentaires sont clairement étiquetés, les personnes ayant des sensibilités spécifiques et celles qui croient être sensibles à un additif alimentaire, peuvent aisément éviter les problèmes.

Q&A about aspartame (uniquement en anglais)

 

8. Quels sont les additifs alimentaires employés en Europe ?

8.1. Les additifs qui maintiennent la fraîcheur et préviennent la dégradation des aliments

Certains additifs alimentaires contribuent à maintenir la fraîcheur et la sécurité d’un aliment. Ils augmentent sa durée de vie en le protégeant contre les détériorations causées par l’oxydation et les microorganismes. Ils peuvent être subdivisés en deux catégories selon leur principale fonction.

8.1.1. Les antioxydants

Les antioxydants préviennent l’oxydation des aliments traduite par le rancissement et la perte de coloration. Ils sont utilisés dans les aliments cuits, les céréales, les graisses, les huiles et les assaisonnements pour salades. Les principaux antioxydants sont :

  • Les tocophérols (E306-309), le BHA (butylated hydroxyanisole ou E320) et le BHT (butylated hydroxytoluene ou E321). Ils protègent les graisses, les huiles végétales et les sauces dressing du rancissement.
  • L’acide ascorbique (E300) et l’acide citrique (E330), qui maintiennent la couleur des fruits et légumes fraîchement épluchés ou découpés.

8.1.2. Les agents conservateurs

Les conservateurs limitent, ralentissent ou stoppent la croissance des micro-organismes (bactéries, levures, moisissures) présents ou entrants dans l’aliment et préviennent donc l’altération des produits ou les intoxications alimentaires. Ils sont employés entre autres dans les aliments cuits, le vin, le fromage, les jus de fruits et les margarines. Quelques exemples:

  • Dioxyde de soufre et sulfites (E220-228). Ils empêchent les changements de coloration dans les fruits secs et les légumes. Les sulfites inhibent aussi la croissance bactérienne dans le vin et les aliments fermentés, certains snacks et aliments préparés. Ils ont aussi des propriétés antioxydantes.
  • Le propionate de calcium (E282). Il prévient les moisissures sur le pain et les aliments cuits.
  • Les nitrates et les nitrites (sels de sodium et de potassium) (E249-252) sont employés dans la préparation des viandes comme le jambon ou les saucisses de Francfort pour empêcher la croissance de la bactérie botulique, Clostridium botulinum, qui est hautement pathogène.

8.2. Les additifs qui amplifient ou améliorent les qualités sensorielles

Certains additifs sont utiles pour améliorer certaines caractéristiques des aliments, comme la texture, la couleur ou le goût.

8.2.1. Les exhausteurs de goût et les agents texturant

Examples are:

  • Émulsifiants et stabilisateurs. Le but de ces additifs alimentaires est de maintenir la texture et empêcher la séparation d'ingrédients dans des produits comme la margarine, les matières grasses allégées, la glace, les sauces pour salade et la mayonnaise. Beaucoup d’aliments courants pauvres en matières grasses font appel à cette technologie. Toute recette qui exige le mélange d'ingrédients normalement non miscibles entre eux, comme la graisse et l'eau, nécessite l’usage d’émulsifiants et de stabilisateurs pour obtenir la consistance désirée. Les exemples incluent la lécithine, les mono- et les diglycérides.
  • Epaississants. Ces substances augmentent la viscosité des produits alimentaires. Ils sont ajoutés aux sauces pour salade et au lait aromatisé. La gélatine ou la pectine sont souvent employées à cet effet.
  • Edulcorants. Les édulcorants « massiques » et « intenses » communiquent une saveur sucrée aux produits alimentaires et sont utiles dans les aliments allégés ou diététiques, comme ceux pour les diabétiques. Les édulcorants intenses, comme l’acésulfame K (E950), l’aspartame (E951) et la saccharine (E954) sont respectivement 130-200 fois, 200 fois et 300-500 fois plus « sucrants » que le sucre, sans apporter de calories. La thaumatine (E957), une protéine naturelle extraite du fruit du Thaumatococcus danielli est 2500 fois plus sucrante que le sucre et est utilisée en très faibles quantités pour ses propriétés d'assaisonnement. Les édulcorants massiques comprennent le sorbitol (E420), l’isomalt (E953) et le maltitol (E965). Ceux-ci peuvent être incorporés dans des édulcorants de table et dans des produits alimentaires pauvres en calories, dans lesquels ils apportent de l’onctuosité et du volume. Ces substances ont une valeur calorique réduite (2.4 kcal/g).
  • Les exhausteurs de goût. Le plus connu d’entre eux est le glutamate de sodium (lE621), qui est employé pour révéler et augmenter les saveurs des produits alimentaires auxquels il est ajouté. Il est employé principalement dans des aliments assaisonnés et dans une large variété de plats orientaux.
  • Autres. Ce groupe comprend les acides, les régulateurs d'acidité, les agents anticoagulants, les agents antimousse, les gaz d'emballage (employés dans certains types de paquets scellés pour la viande, le poisson, les fruits de mer et les légumes prêts à l’emploi), etc.

8.2.2. Les colorants

La couleur est l’une des qualités sensorielles premières et parmi les plus importantes pour nous aider à accepter ou rejeter des produits alimentaires particuliers. Alors que l'addition de la couleur puisse sembler à certains une utilisation purement cosmétique, il n'y a aucun doute que la couleur est importante dans la perception alimentaire du consommateur. Elle est aussi souvent associée à une saveur spécifique et à l'intensité de cette saveur. Les colorants sont employés pour ajouter ou rétablir la coloration d’un aliment et augmenter dès lors son attrait visuel pour le consommateur. Le traitement des pois et la préparation des confitures peuvent mener à une perte de couleur. C’est là qu’interviennent les colorants. Certains colorants sont utilisés uniquement pour la décoration d’articles de confiserie ou de gâteaux. Masquer une qualité inférieure, cependant, est une utilisation inacceptable des colorants.

Parmi les principaux motifs d’ajout de colorants, on peut citer, notamment :

  • la compensation de la perte de couleur due à l’exposition à la lumière, à l’air et aux températures extrêmes, aux moisissures et aux conditions de stockage ;
  • la compensation des variations naturelles ou saisonnières des matières premières alimentaires ou des effets du traitement et du stockage, afin de répondre aux attentes des consommateurs ; et
  • l’accentuation de certaines couleurs, qui sont naturelles mais plus pâles que celles que l’on associe habituellement à un produit alimentaire donné.

Annexe 1

Questions et réponses sur la Dose Journalière Admissible (DJA)

1. Qu’est ce que la DJA ?
La Dose Journalière Admissible (DJA) est une estimation de la quantité d'un additif alimentaire, exprimée sur la base du poids corporel, qui peut être ingérée quotidiennement toute la vie sans risque appréciable pour la santé. Ce dernier terme signifie dans la pratique, qu’au stade actuel des connaissances, aucun n’effet toxique ne peut-être attribué à l'additif concerné pour ce niveau d’exposition. On exprime généralement la DJA en mg/kg/j.

2. Quel est le but de la DJA ?
Les DJA servent à protéger la santé des consommateurs et à rendre plus aisé le commerce alimentaire international. La DJA est une approche pratique de la sécurité des additifs alimentaires et permet d’harmoniser les contrôles. L'avantage pour les autorités de proposer une DJA pour chaque additif est qu’elle est universellement applicable dans des pays différents et à tous les membres de la population.

3. Qui détermine la DJA ?
Essentiellement, des comités d’experts scientifiques, des autorités nationales et internationales. Les évaluations de la sécurité des additifs alimentaires se sont développées de manière unilatérale au sein des Etats membres de l'Union européenne et dans la communauté internationale. Le JECFA est le principal organisme évaluant la sécurité alimentaire des additifs. L’harmonisation à l’échelle internationale est devenue de plus en plus importante ces dernières années. Actuellement, une nouvelle norme appelé la Norme Générale pour les Additifs alimentaires (GSFA) est rédigée par la Commission du Codex Alimentarius, pour déboucher sur une norme harmonisable, réalisable et indiscutable sur le plan international. Seuls les additifs approuvés par le JECFA y sont inclus. Au niveau de l’UE, les additifs approuvés par la législation actuelle ont tous été évalués par le Comité Scientifique de l'Alimentation Humaine (CSAH) et leur inclusion dans une directive appropriée a été approuvée par chacun des Etats membres. Ce comité consultatif propose généralement une DJA, ou en l’absence de DJA, peut stipuler d'autres limitations sur l'utilisation de l’additif. Seuls les additifs évalués par le CSAH reçoivent un nombre E. Le concept de la DJA et les évaluations du JECFA ont été largement adoptés par le CSAH, la FDA et d’autres autorités de par le monde.

4. Comment la DJA est-elle déterminée ?
Les critères généraux pour l'utilisation des additifs alimentaires exposés dans les directives européennes stipulent que les additifs sont approuvés seulement s'ils apportent la preuve de leur innocuité pour la santé humaine aux doses proposées. L'évaluation de la sécurité est basée sur une revue scientifique de toutes les données toxicologiques pertinentes sur l’additif spécifique, chez l’homme et l’animal. Dans l'UE, ce travail est réalisé par le CSAH. Les essais toxicologiques incluent des études à long terme et transgénérationnelles pour déterminer comment l'additif est métabolisé par l’organisme et évaluer ainsi tous les effets toxiques probables. Le point de départ pour établir la DJA est la détermination d’une Dose Sans Effet (DSE) chez l’espèce animale la plus sensible. La DSE est donc la dose en dessous de laquelle aucun effet défavorable n'a été observé dans les études. Elle s’exprime en mg/kg/j. La DJA est la DSE divisée par un facteur de sécurité, habituellement de 100.

5. Pourquoi une marge de sécurité est-elle nécessaire ?
Pour deux raisons. Premièrement, la DSE est définie chez l’animal, pas chez l’homme. Il est donc plus prudent de corriger ce facteur pour mettre en avant les différences de sensibilité entre l’homme et l’animal. Deuxièmement, la fiabilité des tests toxicologiques est limitée par le nombre d’animaux testés. De tels tests ne peuvent pas être représentatifs de la diversité de la population humaine, dans laquelle des sous-groupes peuvent exprimer des sensibilités différentes (enfant, personne âgée ou malade).

6. Quelle marge de sécurité est généralement employée pour les additifs alimentaires ?
Traditionnellement, l'OMS a employé un facteur de sécurité de 100, basé sur un facteur 10 pour tenir compte des différences entre l’homme et l’animal et un autre facteur 10 considérant les différences au sein d’une même espèce et chez les sous-groupes sensibles (femmes enceintes, personnes âgées). Cependant, il peut varier selon les caractéristiques de l'additif, les données toxicologiques et les conditions d'utilisation.

7. Est-il préjudiciable pour un individu de dépasser ponctuellement la DJA ?
La consommation ponctuelle d'un additif au-delà de sa DJA ne pose aucun problème, car la DJA possède un grand facteur de sécurité et, dans la pratique, une consommation supérieure à la DJA est compensée la plupart des autres jours. Cependant, si des statistiques de consommation indiquent que la DJA est régulièrement dépassée par des tranches particulières de la population, la Commission évaluerait le besoin de réviser les quantités présentes dans les aliments ou réduirait la gamme des produits alimentaires dans lesquels on autorise l'additif. En raison de la grande marge de sécurité attribuée à la DJA, il est fort probable que pour dépasser la DJA d’un additif donné, il faille consommer des quantités considérables (et rarement atteintes) de l’aliment qui le contient pour poser un réel problème pour la santé.

8. Comment la consommation d’additifs alimentaires est-elle évaluée ?
Le contrôle des additifs alimentaires est effectué par les Etats membres sur le conseil du CSAH. La DJA est comparée avec des évaluations de consommation "moyennes" et "extrêmes" dans la population générale et dans des sous-groupes particuliers de la population. Si les consommations moyennes et extrêmes demeurent sous la DJA, il est peu probable que des effets nocifs pour la santé soient observés. Afin de garantir que les consommateurs n'excèdent pas la DJA en consommant trop d’un aliment contenant un additif particulier, la législation européenne exige que des études de consommation soient effectuées régulièrement pour évaluer quels sont les différents modèles alimentaires.

Annexe 2

Liste des nombres E...

Bibliographie

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  • European Parliament and Council Directive 94/35/EC (1994) on sweeteners for use in foodstuffs. Official Journal of the European Communities L237, 10.9.94, 3-12.
  • EEuropean Parliament and Council Directive 94/36/EC (1994) on colours for use in foodstuffs. Official Journal of the European Communities L237, 10.9.94, 13-29.
  • European Parliament and Council Directive 95/2/EC (1995) on food additives other than colours or sweeteners. Official Journal of the European Communities L61, 18.3.95, 1-40.
  • Flowerdew, D. (1999). Food additives: what every manager needs to know about the law. ISBN 1 902375 13 0. Chandos Publishing/The British Library.
  • International Life Sciences Institute (ILSI), Europe (1999). Workshop on the significance of excursions of intake above the Accepted Daily Intake (ADI). Editors: Barlow, S.; Pascal, G.; Larsen, J. C.; Richold, M. Regulatory Toxicology and Pharmacology, 30 (No. 2, Part 2).
  • Klaui, K. (1981). Some aspects of colour in man. In Criteria of Food Acceptance: how man chooses what he eats. Editors: Solms, J. and Hall, R. L. Forster Verlag AG Publishing, Zurich, pp. 82-95.
  • Saltmarsh, M. (Editor) (2000). Essential Guide to Food Additives. Leatherhead Food RA Publishing, pp. 1-322.
  • World Health Organisation (1987). Principles for the Safety Assessment of Food Additives and Contaminants in Food. Environmental Health Criteria 70. International Programme on Chemical Safety (IPCS) in cooperation with the Joint FAO/WHO Expert Committee on Food Additives (JECFA). World Health Organisation, Geneva.
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Date de la dernière mise à jour du site : 02/09/2014
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