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Projets européens - supplément 03/2012

Nouvel éclairage sur l'étiquetage nutritionnel en Europe

FLABELL'étiquetage nutritionnel peut aider les consommateurs à faire des choix alimentaires plus sains, mais les éléments scientifiques sur l'usage qu'ils en font au quotidien sont peu nombreux. Le projet FLABEL, qui bénéficie d'un financement européen, a été mis en œuvre dans le but de mieux cerner l'impact de l'étiquetage nutritionnel sur les choix alimentaires des consommateurs en Europe.

Contexte
Des études antérieures sur l'étiquetage nutritionnel en Europe ont montré que les consommateurs s'intéressent dans l'ensemble aux informations nutritionnelles, qu'ils les comprennent et qu'ils préfèrent qu'elles soient simples et indiquées sur la face avant de l'emballage des produits, mais qu'ils tendent à exagérer l'usage qu'ils en font lorsque l'on les interroge à ce sujet1,2. Ces études ont aussi révélé que l'on en savait peu en la matière: l'étiquetage nutritionnel a-t-il un impact positif sur le choix de produits alimentaires bons pour la santé dans la vie courante et, dans l'affirmative, à quels facteurs doit-on cet impact positif?

Il apparaît par ailleurs que les différents formats d'étiquetage en vigueur en Europe – les repères nutritionnels journaliers (RNJ), les symboles visuels (des feux tricolores, par exemple), les tableaux nutritionnels et les logos de santé – peuvent entraîner un large éventail de réactions chez le consommateur. Il est donc difficile d'évaluer les politiques existantes en matière d'étiquetage et d'en concevoir de nouvelles.

Le projet FLABEL
Le projet FLABEL («Food Labelling to Advance Better Education for Life») est une initiative concertée de petite envergure qui a été mise en œuvre dans le but d'étudier la relation entre l'étiquetage des produits et la consommation alimentaire en Europe. Les deux objectifs principaux que ce projet a cherché à atteindre sont les suivants:

  1. Déterminer l'impact de l'étiquetage nutritionnel sur les habitudes et les choix alimentaires des consommateurs ainsi que sur les problèmes de santé en rapport avec l'alimentation en Europe;
  2. Utiliser ces éléments scientifiques pour élaborer des lignes directrices au sujet de l'usage de l'étiquetage nutritionnel en vue d'éclairer les décideurs politiques et les acteurs du secteur de l'alimentation, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), en Europe.

Des experts universitaires, des acteurs du secteur de la distribution et des représentants d'organisations non gouvernementales comptent parmi les partenaires du projet FLABEL. Ensemble, ils ont réalisé une série d'études pour mieux cerner l'impact de l'étiquetage nutritionnel en Europe. Ils ont commencé par répertorier les systèmes d'étiquetage existants sur tout le continent, puis ont analysé les diverses réactions suscitées par ces systèmes chez le consommateur (voir la figure 1).

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Figure 1. Cadre FLABEL des facteurs intervenant dans l'usage de l'étiquetage nutritionnel. Si des informations nutritionnelles sont mentionnées sur les produits, leur impact sur les choix alimentaires dépend de l'attention que les consommateurs y accordent et de la mesure dans laquelle ils les comprennent. Que les consommateurs apprécient l'idée de l'étiquetage nutritionnel aide aussi. D'autres facteurs, tels que le format de l'étiquetage ou la volonté des consommateurs d'opter pour une alimentation saine, déterminent dans quelle mesure les consommateurs prêtent attention aux informations nutritionnelles, les apprécient, les comprennent et les utilisent.

Principaux résultats

Fréquence de l'étiquetage nutritionnel
En Europe, l'étiquetage nutritionnel est très fréquent sur les produits alimentaires. Les chercheurs du projet FLABEL ont étudié plus de 37000 produits alimentaires dans les 27 pays de l'UE ainsi qu'en Turquie. Il ressort de leurs travaux que des informations nutritionnelles sont indiquées sur la face arrière de l'emballage de la majorité des produits (85%) et sur la face avant de l'emballage de près de la moitié des produits (48%). L’étude a porté sur des produits relavant de cinq catégories : collations sucrées, céréales pour petit-déjeuner, plats préparés frais, sodas et yaourts3.

Le système d'étiquetage le plus répandu sur la face arrière des emballages est le tableau nutritionnel où la valeur énergétique (calories) et la teneur en nutriments sont indiquées de façon linéaire. Sur la face avant des emballages, ce sont les allégations nutritionnelles et les repères nutritionnels journaliers (RNJ) qui sont le plus souvent utilisés.

Les allégations nutritionnelles indiquent si un produit se distingue par la teneur faible ou élevée d'un nutriment particulier. On trouve par exemple la mention «Riche en fibres» ou «Pauvre en graisses saturées» sur des produits. Les RNJ indiquent la valeur énergétique (calories) et la teneur en nutriments principaux (sucre, graisse, graisses saturées et sel) par portion ainsi que le pourcentage de RNJ par indicateur.

Compréhension de l'étiquetage nutritionnel
Une fois arrivés à la conclusion que l'étiquetage nutritionnel était largement répandu en Europe, les chercheurs du projet FLABEL ont voulu savoir si les consommateurs étaient à même de comprendre les informations nutritionnelles fournies et de les utiliser. Ils ont mené une enquête à grande échelle dans quatre pays européens. Ils ont présenté à des consommateurs trois produits de l'une des catégories (des yaourts, par exemple) et leur ont demandé d'indiquer dans quelle mesure ils estimaient que chaque produit était bon pour la santé. Ils ont ensuite comparé les évaluations faites par les répondants à la valeur objective de l'indicateur. Dans un premier temps, les répondants ont été invités à se baser uniquement sur la valeur énergétique et les informations à propos des nutriments principaux pour indiquer dans quelle mesure ils estimaient que chaque produit était bon pour la santé. Dans un deuxième temps, il leur a été demandé de se livrer au même exercice compte tenu d'un autre étiquetage nutritionnel courant: les RNJ, les symboles visuels tels que les feux tricolores, un système hybride combinant des RNJ et des symboles visuels, et les logos de santé. Les résultats de l'enquête montrent que ces informations supplémentaires n'améliorent que marginalement l'exactitude de leurs réponses.
Dans une étude à plus petite échelle menée au Royaume-Uni, il a été demandé à des consommateurs de classer divers produits alimentaires selon qu'ils les trouvaient bons ou pas pour la santé sur la base de leur étiquetage nutritionnel (valeur énergétique et teneur en nutriments principaux). Trois groupes de répondants ont été constitués: les parents d'enfants (les 25–55 ans), les personnes âgées de plus de 55 ans et les adolescents (les 14–17 ans). Les chercheurs ont constaté que la majorité des répondants étaient capables de mener cette tâche à bien.

Ces enquêtes montrent que les consommateurs sont capables de comprendre l'étiquetage nutritionnel puisqu'ils n'éprouvent pas de difficulté à l'utiliser pour déterminer si des produits sont bons ou mauvais pour la santé. Il en ressort par ailleurs que leur degré de compréhension ne varie pas selon le format de l'étiquetage.

L'importance de la motivation et de l'attention
C'est le manque de motivation qui annihile le plus l'impact positif que l'étiquetage nutritionnel pourrait avoir sur les choix alimentaires (voir la figure 2). La plupart des consommateurs sont capables d'identifier le produit qui est le meilleur pour la santé parmi une série de produits, mais ils ne pensent pas à la santé lorsqu'ils choisissent des aliments. Ils privilégient plutôt d'autres critères, comme le goût, les préférences familiales et leurs habitudes de consommation lorsqu'il leur est demandé de choisir le produit qu'ils préfèrent. Leur comportement donne à penser que la motivation – en particulier la volonté d'atteindre un objectif en matière de santé – est essentielle lorsqu'il s'agit d'utiliser l'étiquetage nutritionnel pour faire des choix alimentaires en toute connaissance de cause.

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Figure 2. Facteurs annihilant l'impact positif de l'étiquetage nutritionnel sur les choix alimentaires Le manque de motivation et le manque d'attention limitent l'utilisation de l'étiquetage nutritionnel à titre de vade-mecum de choix alimentaires sains. Le format de l'étiquetage nutritionnel peut avoir un effet positif sur la façon dont les consommateurs y réagissent et l'utilisent, en particulier s'il est cohérent.

La motivation accroît aussi sensiblement l'attention portée à l'étiquetage: ne pas y prêter attention limite logiquement son usage. Une expérience a été menée dans un magasin pour analyser le mouvement des yeux des consommateurs: ils ne consacrent en moyenne qu'entre 25 et 100 millisecondes à l'étiquetage nutritionnel. Ce laps de temps est insuffisant pour qu'ils puissent assimiler ces informations. Cette expérience a toutefois montré que les consommateurs motivés à l'idée d'atteindre un objectif de santé prêtaient davantage attention à l'étiquetage nutritionnel.

Apprécier et utiliser l'étiquetage nutritionnel
Les chercheurs du projet FLABEL ont également cherché à identifier le format d'étiquetage nutritionnel que les gens apprécient le plus. Il ressort d'une enquête menée auprès de 2000 consommateurs dans 4 pays que le format d'étiquetage que les consommateurs préfèrent – et dont ils disent que c'est celui qu'ils utiliseraient le plus – est le format qui combine les repères nutritionnels journaliers et les feux tricolores. La mesure dans laquelle les formats sont familiers intervient également beaucoup: plus les consommateurs sont familiarisés avec un format, plus ils sont susceptibles de le préférer et de l'utiliser.

Accroître l'attention portée à l'étiquetage nutritionnel et en promouvoir l'usage
Quelle est à la lumière de ces résultats l'approche la plus prometteuse pour accroître l'attention prêtée à l'étiquetage nutritionnel et en promouvoir l'usage? Nous l'avons vu, accroître la motivation peut amener les consommateurs à porter plus d'attention à l'étiquetage nutritionnel et à l'utiliser davantage. Il est important également de fournir des informations sur la valeur énergétique et les nutriments principaux d'une façon cohérente, sur la face avant des emballages, idéalement, de la totalité des produits alimentaires. Choisir un étiquetage suffisamment grand pour être lisible, d'une seule couleur et d'un format familier aux consommateurs est également utile. Réduire la densité globale des informations fournies sur l'emballage des produits peut contribuer à accroître l'attention que les consommateurs prêtent à l'étiquetage nutritionnel.

Les recherches menées dans le cadre du projet FLABEL montrent que combiner ces informations nutritionnelles de base avec un logo de santé peut amener les consommateurs à prêter plus d'attention à l'étiquetage nutritionnel et à l'utiliser davantage, en particulier quand le temps presse, même si l'impact n'est pas important. Les codes de couleur peuvent aussi entraîner une légère augmentation en termes d'attention et d'utilisation. Plusieurs études ont en effet montré qu'avec l'ajout de codes de couleurs dans l'étiquetage nutritionnel, les consommateurs avaient plus tendance à choisir des produits alimentaires bons pour la santé. Toutefois, cette variable n'a que peu d'effet.

Dans l'ensemble, proposer un assortiment comportant plus de produits bons pour la santé contribue davantage à promouvoir des choix alimentaires sains que fournir des informations nutritionnelles. C'est ce qui ressort d'une enquête menée en Allemagne et en Pologne lors de laquelle des consommateurs ont été priés d'évaluer dans quelle mesure des confiseries et des biscuits apéritifs étaient bons ou mauvais pour la santé: les consommateurs ont eu nettement tendance à choisir des produits plus sains lorsque des produits bons pour la santé étaient ajoutés à l'assortiment proposé.

Et maintenant?
Les résultats obtenus jusqu'ici dans le cadre du projet FLABEL ont fait l'objet de débats entre les parties prenantes lors d'un atelier de concertation organisé en novembre 2011 à Bruxelles auquel ont participé des décideurs politiques, des acteurs du secteur de l'alimentation et de la distribution et des représentants d'organisations de consommateurs4. Les participants en sont entre autres arrivés à la conclusion qu'il fallait placer les travaux sur l'étiquetage nutritionnel dans un cadre plus vaste. Ce projet a montré que l'intérêt pour la santé était un facteur déterminant de l'utilisation de l'étiquetage nutritionnel. Dans ce contexte, au lieu de se limiter au seul étiquetage nutritionnel, les pouvoirs publics devraient réfléchir à la façon dont il s'intègre dans le champ plus vaste de l'éducation à une alimentation saine et de la promotion de la santé lorsqu'ils élaborent leurs interventions.

Par ailleurs, la cohérence de l'étiquetage nutritionnel et la mesure dans laquelle il est familier aux consommateurs contribuent davantage à son efficacité que tel ou tel format. Des lignes directrices normalisées sur l'usage de l'étiquetage nutritionnel pourraient donc contribuer à en accroître l'utilisation chez les consommateurs. Les résultats du projet FLABEL donnent en particulier à penser que la généralisation de l'étiquetage nutritionnel sur la face avant des emballages serait l'option la plus efficace.

Enfin, les parties prenantes s'accordent à reconnaître que l'étiquetage nutritionnel pourrait grandement inciter à l'innovation et à la reformulation des produits. En effet, de nombreux fabricants s'efforceraient de concevoir des produits alimentaires plus sains pour pouvoir apposer sur leur emballage des logos de santé ou y indiquer des allégations nutritionnelles. Ce qui serait assurément positif sachant que les consommateurs ont tendance à faire des choix alimentaires plus sains lorsque l'assortiment qui leur est proposé contient davantage de produits bons pour la santé.

Conclusions
Les résultats du projet FLABEL ont comblé certaines lacunes: on en sait désormais davantage sur l'étiquetage nutritionnel en Europe. Ils montrent que l'étiquetage nutritionnel est largement utilisé sur les produits alimentaires dans tout le continent et que les consommateurs sont capables de le comprendre et de l'utiliser sous certaines conditions. Il en ressort également que le manque de motivation et le manque d'attention sont des obstacles importants lorsqu'il s'agit d'utiliser l'étiquetage nutritionnel pour faire des choix alimentaires plus sains. Le format de l'étiquetage peut accroître l'attention que les consommateurs y prêtent, en particulier si les informations nutritionnelles sont systématiquement mentionnées sur la face avant des emballages.

Le projet FLABEL a permis de beaucoup mieux comprendre la relation entre l'étiquetage nutritionnel et l'alimentation des consommateurs européens, et ses résultats peuvent être utilisés pour orienter l'action publique en la matière à l'avenir en Europe.

Pour plus d’informations
Le projet FLABEL («Food Labelling to Advance Better Education for Life») a été financé au titre du septième programme-cadre de la Commission européenne (contrat n° 211905) entre avril 2008 et janvier 2012.

Les analyses des données recueillies durant le projet se poursuivent et leurs résultats seront publiés dans des revues scientifiques. Le site du projet FLABEL (www.flabel.org) donne des informations sur les publications acceptées et propose un webinar qui présente l'ensemble des résultats du projet.

Références

  1. Cowburn G & Stockley L. (2005). Consumer understanding and use of nutrition labelling: a systematic review. Public Health Nutr 8(1):21–28.
  2. Grunert K & Wills J. (2007). A review of European research on consumer response to nutrition information on food labels. J Public Health 15:385–399.
  3. Storcksdieck genannt Bonsmann S et al. (2010). Penetration of nutrition information on food labels across the EU-27 plus Turkey. Eur J Clin Nutr 64:1379–1385.
  4. Fernandez Celemín L, Grunert KG. Food Labelling to Advance Better Education for Life – Major results and conclusions, webinar publié le 31 janvier 2012: http://flabel.org/en/News/FLABEL-final-webinar
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Date de la dernière mise à jour du site : 24/07/2014
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